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"Mon 1er 100 km !"

Dernière mise à jour : 3 sept. 2023

Récit de course de Laurence


"ULTRA MARIN / Raid 100km

Mon premier 100km !!!

Pourquoi cette course ?

En 2022, ma participation à Belledonne (un des 4 massifs de l'UT4M à Grenoble) me laisse un gout amer : bien que je sois super satisfaite de la première moitié (dont le fameux Kilomètre Vertical 1000m D+ sur ~3km), la montée au col, l'altitude et surtout la redescente du col ultra technique ont eu raison de mon enthousiasme, je décide de m'arrêter avant la fin (il restait 8km pourris sur le bitume, j'étais déjà en dehors de BH) et de terminer avec Guillaume Costes en voiture pour rejoindre le reste de la troupe Xrun.

Ce séjour reste néanmoins un très bon souvenir, 4 jours en pleine canicule de juillet, avec les copains en mode kibboutz à Grenoble - Et surtout la très belle course d’Olivier 100km 6000D+ (Master 100) sur laquelle je me suis focalisée dès la fin de la mienne.

Bref, pas mal de réflexion et d’introspection après cela : depuis quelques temps, on commence à faire des courses un peu plus techniques en montagne, en altitude (Cf L'UTAT au Maroc) j’ai toujours l'envie de courir, mais j’ai la sensation de subir de plus en plus.

J'estime qu'il n'est pas normal de se sentir frustré, découragé et pas content de soi à la fin d’un effort pareil ! On pratique quand même cette activité pour se faire plaisir (cette fameuse phrase "fais toi plaisir") !

Bref…en discutant, réfléchissant, Olivier me suggère l'Ultra marin…en effet, là on change complétement de terrain, de décor et en termes d’altitude, je ne devrais pas trop souffrir !

Je termine l'année 2022 avec l'Utat (plutôt mieux que la dernière fois - satisfaction) et je décide de venir à bout de ces petites blessures qui me gâche la vie une fois pour toute (ischio / tendinite MF/entorse régulière de la cheville) ; ça va me prendre du temp, des heures de kiné mais j'en vois enfin la fin!

Et je démarre 2023 de meilleure humeur, l'Issy Urban trail qui me permet de constater que je sais encore courir sur la route, l'Ecotrail 45 où j'apprends à gérer et récupérer de l 'énergie en cours de route (négative split sur cette course), un Week end choc dans le Vercors pour la technique et le temps pourri, une moitié de Maxi race (pour cause d'entorse - encore une – mais que je vais soigner super vite) qui me réconcilie un peu avec les sentiers techniques + chaleur ET nous voilà au départ de ce Raid de l'Ultra Marin, avec une prépa + que correcte concoctée par coach Julien super à l'écoute, et mon kiné Christian qui s'accorde bien avec Julien et Guillaume.

Petit bémol, on sait au départ qu'Olivier ne va probablement pas pouvoir tout faire, une blessure sérieuse au genou, l’empêche de s'entrainer depuis 4 semaines, il a remplacé la course par le vélo et le Doc Sportouch lui a recommandé d’arrêter si douleurs en cours de course.

Nous nous retrouvons à Vannes avec Sylvain du groupe de Florian (Xrun) pour récupérer nos dossards le jeudi et vendredi 30 juin, nous voilà toutes les trois fins prêts devant la petite église de Sarzeau (pensée pour nos copains qui se sont mariés ici) pour le départ par tranche de 20mn : Sylvain part à 11 :40 et nous à midi (SAS 4)

Nous partons sous une petite pluie fine bien bretonne - nous qui redoutions tellement d'avoir trop chaud les 35° de la semaine précèdent - nous sommes complètement trempés au bout de 15', heureusement il ne fait pas froid et le petit vent de bord de mer finira par nous sécher plus tard.


Découpage des 100kms ci-dessous : on avait noté quelques étapes importante :

  • ~ km 30 - Port Navalo : navette/bateau pour rejoindre Locmariaquer en face avec arret du chrono

  • ~ km 40 - Crac'h : Le ravito chaud

  • ~ km 70 - Larmor Baden : Le ravito chaud (possibilité de repos et change avant la nuit)




1er ravito St Gildas - sous la pluie (bof bof), pas besoin de remplir les gourdes, crêpes + chocolat noir et ça repart aussitôt !

Olivier me demande si on commence (ou pas) notre stratégie d'alternance course/marche, mais je viens de décider qu'on pouvait courir sur ce petit rythme jusqu'au bateau (km 30), il imprime le rythme, je le suis!

2eme ravito Port Navalo la pluie s'est calmée - crêpes et chocolat, ça passe toujours bien. Remplissage des flasques

On nous distribue de magnifiques ponchos bleus et on patiente dans une longue file pour prendre un bateau navette. C'est assez bien organisé on se retrouve rapidement sur une des navettes.

Dernière montée sur le zodiac, je me retrouve installée à côté du pilote "Mr Beau gosse de Port Navalo" casquette- lunettes - sourire ultrabrite - très sympa et qui ne comprends pas trop cette bande de fous qu’il transporte depuis ce matin, qui veut rejoindre Vannes en courant.





Arrivée de l’autre coté sur la terre ferme, on prend le temps de vider nos chaussures/chaussettes pleines de sables, on sait que le chrono est toujours arrêté, on en profite un peu ;)

Après cette longue pause, repartir ressemble à un petit calvaire, on enclenche le plan A (discuté avec Julien) course 15' / marche 5'…et ça fonctionne très bien ! Surtout à deux, cela nous permet de rythmer et de se challenger mutuellement.

Sans trop voir le temps passer, on arrive tranquillement au premier gros ravito … enfin j'écris cela car c 'est MON compte rendu mais Olivier souffre déjà pas mal, le genoux droit (pas celui qui devait l'empêcher de courir - l’autre !) et orteils (dont un en particulier).

Je le vois souvent grimacer quand je me retourne pour vérifier qu'il est la!


Ravito Crac'h - Gros ravito de milieu de course

Un endroit fermé et couvert (genre gymnase/hangar) donc sec et chaud…Réconfortant

J avale un peu de tout, compotes/ pate de fruit, mon p'tit régime crepes+choc noir et on nous propose des pâtes chaudes … le bonheur, les meilleurs pates ever - très paradoxal avec mon régime poor-gluten :) Je me régale tout en marchant et faisant des mouvement de jambes, je refuse de m'assoir, je me sens très bien, je sais que m'assoir risque de tout gâcher !

On repart en courant, on est toujours dans nos 15/5, Olivier râle un peu.

On se sent plutôt bien, forcément ça tire un peu partout, mais on arrive à garder un rythme qui se ralentit mais toujours cette alternance 15'/5'

On passe à Auray, c’est très joli!


Je perds un peu la notion du temps et des ravitos, je sais que le prochain, celui où il faudra faire une grosse pause, c'est Larmor Baden - KM 70

Je sens bien qu'Olivier ralentit, il souffre, parfois il me demande de partir devant à mon rythme…une fois, je le prends au mot et je lui dis qu’on se retrouvera à Larmor… mais finalement quand je me retourne, il est tjs la (c'est là que je vois qu’il se concentre et grimace de douleur, je sais il faudrait qu'il s'arrête)

Larmor Baden - Gros ravito, grosse deception :

C’est en plein air - Il a plu juste avant, c'est humide, pas trop de confort/ pas de réconfort

Il y a des bancs à l'abri sous de très gros arbres, on se pose ici pour se changer (Tee shirt / chaussettes)

Note pour plus tard, se trouver une assistance pour ce type de course, les autres sont là avec leur famille et des sacs de change - On se sent un peu seuls et miséreux.

On comprend que les bâtiments autour sont des douches, des dortoirs, et un endroit pour les soins.

Je vois bien que ça se complique pour Olivier qui finit par se changer aussi…et partir dormir 15'

Je le rejoint - après avoir avalé une excellente soupe Royco aux croutons croustillants (super bons) - pour 15' allongée les jambes contre le mur (ce qui a pour effet positif de repartir avec des jambes reposées - un peu comme neuves). Olivier ne mange presque rien.

Après une pause d'1h en tout… on se décide à repartir ensemble, pour Olivier la décision d'arrêter ne viendra que 3km plus tard, lorsqu'il réalise qu'il ne peut que marcher (et pas très vite). Il fait alors demi-tour, et trouve sur un parking une bonne âme qui le dépose 20' plus tard à Vannes.

Pour moi, commence alors ma seconde partie de course.

Je rebranche mes écouteurs, mais plus de batteries de téléphone … Mince, ça va être long !

Je file en trottinant pour rejoindre un groupe de coureurs…et ensuite je gère comme je peux. Je courre quand c’est possible, mais ça devient de plus en plus compliqué : Nuit noire, je suis souvent seule, sentiers côtiers, j’entends la mer mais je ne la vois pas, beaucoup de racines des grosses, des énormes et pas mal de grosses pierres glissantes. Je marche beaucoup sur cette partie.

Je lutte contre le sommeil, j’ai une envie terrible de dormir, je gamberge, me fais des scénarii : si je me couche par terre pour dormir 5' je ne peux pas mettre de réveil car mon téléphone n’a plus de batterie, si je m’enroule dans ma couverture de survie je devrais être bien quand même mais les coureurs qui vont passer vont me réveiller en pensant que je me suis blessée…bref…tout à coup, quelqu'un crie au loin "hééééé, c’est pas par lààààà!" Flûte, j'ai failli partir sur une autre route - MERCI m'sieur.

Quelques centaines de mètres plus loin, je le rattrape, il est arrêté, plus de batterie dans sa frontale, il a perdu sa batterie de rechange, je l'embarque avec moi sur les 8-10 km qui nous séparent du dernier ravitaillement.

Damien, en a marre, il ne court plus, mais au moins il papote, et ça me passe l'envie de dormir.

Bon, j’aurais surement pu courir quelques petites fois si j’avais été seule, mais c'est une question de solidarité…au moins je lui impose un rythme de marche à la Nath. Bosquet et je sens bien qu'il s'accroche pour rester dans ma lumière.

Dernier Ravito - Arradon - 91e Km

Celui la fait plaisir parce que c 'est le dernier et donc la fin est proche. L’ambiance est très sympa, on n’est pas très nombreux, tout le monde se sourit, ça sent la fin !

Remplissage rapide des gourdes, je mange des quartiers d’orange…il n'y a plus que ça qui passe et zou, je repars, Damien ne me quitte plus, mais je lui annonce que je vais essayer de courir, ok, il a réussi à recharger sa frontale…on ne se reverra plus.

Je ne me sens pas si mal, j’arrive tjs à relancer en mode course …je suis ultra prudente, je redoute l’entorse, consciente de la fatigue. J’ai mal sous le pied gauche (comme une tendinite).

Les bribes de discussions de fin de course tournent autour de la distance restante, j’ai entendu 13,4 au dernier ravito, je m'accroche à ça !

Je fais une sorte de compte à rebours, mais je perds le compte…je suis lucide mais fatiguée

Je comprends à un moment qu'on arrive à Vannes, une fille sympa (qui est ok pour envoyer un sms à Olivier) m'explique le gros détour que l'organisation nous fait faire avant l'arrivée, ça me déstabilise moralement, je suis à ce moment dans une ligne droite interminable (plusieurs km) qui sera finalement clôturée par l'arrivée…je marche beaucoup, vite (enfin je crois), je cours un peu et TOUT A COUP : je tombe sur Olivier qui est venu à ma rencontre, grande joie il me dit que c'est fini, que j’y suis.

Je termine les dernières centaines de mètres dans une euphorie totale, j'accélère pour doubler la fille devant moi (je pense au classement féminin) j'accélère encore pour doubler 2 gars juste avant la ligne d’arrivée, je reconnais Sylvain sur le côté sous l'arche, petit coucou !

FIN. 100 bornes !!! (106 sur ma montre) - je n'ai plus du tout sommeil - je suis hyper contente :-)


Réflexions post course à chaud :

Je valide la poudre boisson Maurten

Les pâtes de fruits et pâtes d’amande decathlon aussi

Les barres Naak ne me font jamais envie en courant, arrêter de me charger avec !

Cryothérapie avant et après course, top !

Je regrette toutes les « petites » fois ou je devais/pouvais courir.

Je pense que j’ai au minimum 1h à gagner sur cette course."


Laurence


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