GRP 80 à St Lary (départ et arrivée de/à Vieille Aure) du 25/08/2018

Le GRP vient à la fin d’un enchaînement qui s’est remarquablement bien passé avec Ecotrail 18 km en mars, Transju 23 km début juin et le marathon du Mont Blanc début juillet.

L’objectif principal pour cette course était de la faire sans stress pour tester une distance longue (jamais dépassé les trails > 65 km en montagne, ne rigole pas Saadia, stp 😉 et de finir sans souffrir en testant :

  • un « nouveau mode d’alimentation » (peu de sucré, exit les gourdes de crème de marron à raison d’une par heure, jamais consommées à ce rythme et très écœurantes, en fait alimentation aux ravitos selon les envies en essayant de prendre du salé le plus possible, départ avec un petit sandwich beurre/fromage de brebis/jambon à visée de réassurance car bien passé pendant les sorties longues).
  • Une course vraiment prudente, notamment au début (FC entre 140-150 sans vraiment dépasser les 155 = limite max de l’endurance fondamentale pour moi).
  • Ne pas avoir d’objectif de temps et profiter du paysage (reportage photos …).

Pourquoi ? Sur des distances longues (Tour de la Grande Casse en 2015 et 2016 : 65 km en montagne), j’ai eu à chaque fois des gros moments difficiles (obligé de m’arrêter, rythme de fourmi asthmatique, plus de carburant dans le moteur en me demandant comment j’allais faire pour finir et ce que je faisais là) dans les 20-25 derniers km même si dans la dernière descente, la machine repartait. J’ai attribué ces moments difficiles à :

  • un départ trop rapide (je me disais que si le cardio s’emballait en montée en marchant ce n’était pas grave parce que ce n’était pas fatiguant puisque sans impact …. A FC identique, le cœur se fatigue moins quand on marche que quand on court : hyper logique non ? et,
  • des difficultés d’alimentation : dégout de tout lié je pense au côté écœurant de la prise régulière de crème de marron.

En pratique, je n’ai pas pu m’empêcher de regarder quand même sur les résultats du GRP 2017 à quel temps correspondait une côte ITRA de 600 (même si c’est du long et que 600 est trop ambitieux pour moi sur ce type de distance) : cela faisait 14h en gros. Donc la cerise sur le gâteau serait entre 14 et 15h mais je n’en faisais vraiment pas un objectif.

Tout s’annonçait bien :

  • un temps moins pire que prévu (pas de pluie avec de belles éclaircies prévues),
  • les nuits précédant la course passées à dormir comme un bébé témoignant de ma zenitude relative avant la course (une fois n’est pas coutume, avec un lever 2h avant le départ : la digestion se terminera tranquillement car le rythme sera relativement tranquille, exit donc la règle des 3h), un hôtel confortable à 1.5 km du départ,
  • la reco du parcours faite presque en totalité (à 4 km près) : merci Mme Bosquet,
  • Mme autorisée par le Dr Sportouch à faire la course malgré des inquiétudes après le Marathon du Mont Blanc.

Petit problème avant de commencer avec une erreur de débutant : « la sortie de trop » à J-14 que Nath avait négociée avec Julien. Une dernière sortie de reco de 30 km à rythme très cool : cela aurait été mais durant laquelle je n’ai pas pu m’empêcher de :

1/ Monter au Pic du Midi (cela rajoutait 550 m de D+ et de D- et environ 6 km à la longue sortie) mais surtout,

2/ d’accélérer le rythme dès avoir quitté Nath pour monter au pic et redescendre (1500 m de D- du sommet du pic pour rejoindre Nath qui était passée devant car elle a continué directement le chemin après le col de Sencours au pied du Pic du midi sans y monter) avec environ 2h30 à une FC d’allure marathon y compris en descente (j’ai failli voler 2 fois en descendant pour assurer le spectacle devant des familles de randonneurs).

J’ai fini la sortie crevé et ai eu l’impression de rester fatigué jusqu’au départ de la course alors qu’habituellement, même si j’ai parfois l’impression d’avoir un peu mal partout, j’ai le plus souvent les jambes qui me démangent. A ne pas refaire à l’avenir idéalement … C’est le métier qui rentre.

Résultats des courses

Commençons par dire que le GRP 80 ou Tour des Lacs fait en fait 85 km et 5300 m de D+/- (il faut toujours dire que la course est plus longue qu’annoncée … ;-)).

 

 

Le temps fut globalement plus que correct à part après les 2-3 dernières heures dans la bruine.

Départ à 5h de Vieille Aure avec une belle ambiance et beaucoup de public. Je me fais pas mal doubler au début sur la route en léger faut plat ascendant (sur 2-3 km). Grosse montée du creux de vallée au col du Portet (800 à 2200 m soit 1400 m D+ sur 14 km avec une petite descente en chemin) avec des sensations correctes et l’œil rivé à mon cardio, lever de soleil, puis alternance de montée-descente de 200-300 m de D+/- max du km 14 au km 23 avec le passage inédit au Pas de la Crabe (montée et descente très raides et techniques mais courtes), descente jusqu’à la Mongie à 1700 m (km 32) : pas la grande forme : froid, et probablement pas assez mangé à la réflexion car cela va un peu mieux après le ravito.

Après la Mongie, montée via le col de Sencours de 1700 à 2876 m (km 32 à 41) au pic du Midi par beau temps (lamas et belle vue avec nuages en fond de vallée). Belle descente du pic via le col de Sencours (ravito très sympa dans vieille grange en pierre retapée par l’association organisatrice du GRP : toujours du salé dont soupe à l’oignon et purée avec petite appréhension de courte durée en repartant car douleur abdo et nausées quelques secondes cédant quasi instantanément après avoir ralenti) vers Tournabout (1450 m de D- du km 41 au 52) à vitesse régulière et mezzo (ni trop vite, ni trop lente «heureux, léger, souriant »). Petit arrêt à Tournabout probablement 10-15 minutes en s’asseyant avec petite discussion en repartant avec un traileur de la région parisienne adorable se disant essoufflé en montant et prévoyant d’y aller tranquille. Je lui ai dit que je trouvais interminable cette portion de fond de vallée ascendante (km 52 à 58, + 500 D+) et que j’allais donc essayer de marcher le plus vite possible pour que cela ne dure pas trop longtemps et ne l’ai plus revu. Par moment, je suis dans un petit groupe mené par une féminine qui court dès que cela est possible même sur 4 mètres, le traileur en 2è position amortit en marchant un peu plus vite mais sans courir à chaque fois (je terminerai la course avec lui et me dira avoir appris cette technique sur une rando récente sur le GR 20 en 7 jours : j’ai vu sur son Strava : 32-34 km/jour) grâce à sa guide qui utilisait cette technique avec une fréquence rapide de pas (190/min m’a-t-il dit).

Petit arrêt ravito à Aigues-Cluzes (je commence à être bien fatigué, m’assoit et prend qq fruits secs et un peu de coca assis : cela fut bien venu). Je repars avec un traileur que je suis tranquillement, content de n’avoir rien d’autre qu’à le suivre dans une montée un peu raide mais courte (300 m sur 2 km) vers le col de la Hourquette Nere et pour enchainer vers la descente interminable vers le lac de l’Oule (racines en plus des pierres bien présentes sur quasiment tous les parcours : quasiment impossible de courir sur toute cette portion depuis Tournabout surtout avec la fatigue présente). La réco a bien aidé de se préparer mentalement à cette descente très longue. En descendant, je cours le plus possible (doucement car la fatigue s’installe et que les pierres sont piégeuses), c’est-à-dire environ 15% du temps si ce genre d’affirmation a du sens dans un CR fait 10 jours après la course et alors que la lucidité après plus de 10 h de course est aléatoire, me disant que Nath va faire cela de nuit et peut-être sous la pluie (horreur !). Je double un certain nombre de traileurs du 120 km et du 160, dont je me dis que ce cela serait un miracle s’ils atteignent tous la ligne d’arrivée sans encombre au vu de leur allure titubante et la réponse embrumée qu’ils font le plus souvent aux encouragements donnés. Voilà un 160 km qu’on ne fera jamais même si parait -il, il ne faut jamais dire jamais (« je ne ferai jamais plus de marathon … »).

Je pousse un hurlement de joie quand je voie le lac de l’Oule (j’espérais le voir depuis une bonne demi-heure) et c’est reparti pour la dernière montée vers le dernier ravito : restaurant de Bastan (quand même 350 m de D+ sur 4.5 km). J’ai rejoint mon acolyte avec qui je terminerai la course : Fred qui « bosse dans le chocolat » et qui a marché pour s’entrainer sur le GR 20, un sympathique V2 qui adore les descentes techniques, on est fait pour s’entendre. On s’arrête au restaurant du Bastan en dur et bien chauffé (super agréable), on met la frontale même s’il fait toujours jour par humilité (c’est lui qui a cette idée) et on repart après avoir bu un peu de coca, pris 2 quartiers d’orange (difficile de manger plus, je n’ai vu la soupe que Nath a repéré quelques instants plus tard), on repart sans mettre la sous couche technique (flemme et probablement inutile) ni les gants (hésitation mais flemme). Horrible en sortant : je grelotte pendant 5 minutes sans pouvoir m’arrêter mais continue. Cela finit par s’arrêter, la montée permettant de se réchauffer.

Au col du Portet, petite euphorie (dernière descente !), même si une longue traversée nous attend sur les crêtes avant la plongée vers Vieille Aure avec au total 1400 m de D- sur 15 bornes. Les jambes tiennent à peu près bon, le terrain parait même moins difficile malgré la fatigue. On ne voit pas à plus de 10-15 mètres. Avoir repéré le parcours est précieux car les balises sont peu visibles. Je suis le plus souvent devant et quand mon acolyte passe devant j’ai du mal à le suivre. On double pas mal de traileurs, surtout du 120 et du 160, mais c’est bon pour le moral (la testostérone surement). On se fait quand même doubler peut-être 2-3 fois en se disant comment ils font pour aller plus vite que nous en ayant l’impression de ne vraiment pas pouvoir aller plus vite. A ce moment, honnêtement, c’est comme à chaque course, on se dit qu’on ne désire qu’une chose c’est passer la ligne d’arrivée et le plus rapidement possible. Aucune chute, aucune cheville. Ça passe, on continue de courir avec parfois une bonne vitesse même dans des portions techniques (sentiers dans la pénombre emprunté par un ruisseau …), un peu grisant malgré la fatigue.

On termine les derniers 2 km dans la vallée tranquillement, en marchant un peu (mon acolyte dit ne pas pouvoir continuer à courir mais me disant de finir en courant. Je ne vais pas partir devant pour finir seul et arrivé 2 minutes avant, aucun sens !), mais se remets finalement à courir et nous passons la ligne d’arrivée ensemble après 15h38 de « course ». Première expérience de partage pour moi qui suis un grand timide (presque vrai)avec un collègue traileur, avec qui j’ai fait les 15-18 derniers km, lui disant que sans lui, je n’aurais très probablement pas pu courir quasiment toute la dernière descente, avantage reconnu en dehors même du côté sympathique de la rencontre.

Après la suite du programme, fut : petit ravito rapide (une crêpe notamment), au revoir à Fred (rdv ultérieur donné via linkedin), retour à l’hôtel à pied (2 km) vers 21h15 pour décrassage (un vrai !), diner (le sandwich transporté toute la journée dans mon sac à dos instinct et le cake de la dotation), suivi de Nath (toujours vivante et en adéquation avec ses prévisions), vision d’un reportage sur mon ipad sur les frères Harry et Wiliam de la couronne britannique (pas passionnant mais je n’ai pas réussi à allumer la TV …. et j’avais peur de ne pas me réveiller si je m’endormais pour retourner chercher Nath à l’arrivée à 2h20 du matin). Je l’ai retrouvé comme convenu et elle s’est jeté sur moi pour me rassurer m’a-t-elle expliqué ensuite : « je suis en forme », m’a-t-elle annoncé fièrement à son arrivée.

Résultats des courses

Très content que malgré « ma sortie de trop », la course se soit globalement bien passée avec validation de la stratégie de ne pas prendre du sucre systématiquement au début, possibilité de courir sur toute la dernière descente. Heureux aussi les jours suivants la course d’avoir des courbatures finalement minimes (max uniquement le lendemain) même si la bonne fatigue des familles est toujours bien présente à J10.

Progrès à faire: pas faire la sortie de trop, probablement mieux de couvrir (sur une distance plus longue, risquer d’attraper froid aurait pu être problématique), continuer à tester l’alimentation, travailler la stratégie de marche rapide (entre courir et marcher par défaut). Par contre, continuer à tenir à l’écart la souffrance par l’entrainement. Courir et que finir soit un enfer, hors de question !

En route vers le premier +100 km 😉 avec Xrun et un immense merci notamment à Juju coach pour ses plans qu’on suit presque intégralement et son soutien san