“Après 5 mois « d’abstinence » je vais enfin pouvoir retrouver l’excitation du départ” – Steve

15 septembre 2020

Depuis le 8 mars, date de ma dernière compétition, je n’avais jamais cessé de courir. En respectant les conditions fixées pendant le confinement mais avec, en filigrane, toujours l’espoir de pouvoir très vite de nouveau épingler un dossard. Pourtant, au fur et à mesure s’effaçaient tous ces rendez-vous annuels qui rythmaient mes entrainements : 10K de Paris-Saint Germain, 10K de l’Equipe, 15K du château de Versailles…

Malgré cela ma motivation et ma discipline d’entrainement sont restées intactes, l’une alimentant l’autre en cas de défaillance. Très vite j’ai demandé à mon coach Xrun, Xavier, de me concocter un plan d’entraînement de prépa marathon dans l’hypothèse où le marathon de Chicago en Octobre serait maintenu. Comme j’en ai toujours eu l’habitude il ne me restait plus qu’à caser un semi-marathon dans les 4 à 5 semaines qui précédent mon objectif.
Jamais cette tâche ne fut pourtant si compliquée !!!
C’est grâce à une recherche sur internet que j’ai atterrit sur le semi-marathon de Boissy-Mauvoisin dans les Yvelines. La course, limitée à 200 coureurs, me semblait idéale mais le peu d’inscrits jusqu’à la veille (32 coureurs !!!) me faisaient craindre une énième annulation de dernière minute. Ma préparation étant axée sur l’objectif marathon, à mes yeux, le semi reste une étape essentielle pour gérer l’alimentation, le stress…

J’ai donc enchaîné sorties longues, VMA, fractionnés, entrainements croisés sur vélo, renforcement musculaire pour déjouer tous les pronostics négatifs.

On y est, dimanche 13 Septembre… je consulte une dernière fois ma messagerie avant de prendre la route. Sauf à ce que la foudre soit tombée toute la nuit je vais enfin après 5 mois « d’abstinence » pouvoir retrouver l’excitation du départ, la gestion de l’allure, la stratégie de course.
La matinée est très ensoleillée et à 10h la température ne dépasse pas encore les 15°C.
Pour la première fois je ne sais pas grand-chose de ce semi excepté qu’il s’agit de 3 boucles de 7kms, pour des courses de 7, 14 et 21K.
Pour la première fois tout cela m’est bien égal !!!

J’ai bien mon masque lors du retrait du dossard et tout le monde respecte scrupuleusement les gestes barrière, protocole sanitaire OK.
Dès mon arrivée sur le site, j’ai été très surpris malgré le peu de participants par la qualité de l’organisation.
Des bénévoles dévoués, une très bonne humeur communicative sur la ligne de départ. J’avais presque l’impression de courir en famille.

Départ donné à la corne de brume et au bout de 400 mètres j’ai commencé à réaliser que je me venais de m’inscrire à un trail plus qu’à un bon vieux semi sur bitume.
Dénivelés, passages dans les sous-bois sur des sentiers cabossés et solitude quand, passés les premiers 7kms, le nombre de coureurs s’est mis à diminuer brutalement.
Personne devant, personne derrière, c’est très déroutant et ça oblige encore plus à se concentrer sur sa propre allure.
Bien sûr 3 boucles strictement identique cela peut paraître monotone mais je me suis à penser à tous ces 400m effectués à Lenglen (40 le mercredi qui a précédé la course) et tout cela est devenu très relatif !
Après une belle dernière montée sur 600 mètres je sprinte enfin pour arriver en 1h43 sur la ligne d’arrivée… Heureux !!!

En épilogue, le marathon de Chicago ayant été annulé je me suis reporté sur celui d’Amsterdam une semaine plus tard. Mais, surprise, il a été décalé à l’année prochaine.
J’ai déjà un autre marathon pour alimenter ma prépa, mais çà c’est une autre histoire.

Steve Bokobza