20160709_115457[13 novembre 2016 – 8h00] Il bruine, il fait froid, on est dimanche et je sors de chez moi pour rejoindre 50 minutes plus tard (dont 30 minutes de marche à pieds : on parle bien de grosse motivation, là !) un petit groupe de fous traileurs prêts à en découdre avec les chemins boueux des forêts de l’ouest parisien pendant 1h30 (avec un bonus d’1h pour moi juste pour le plaisir !). Il y a un an et demi, j’aurais probablement rigolé si on avait voulu me vendre cette matinée. Car oui, mon réveil n’est PAS mon meilleur ami. Et pourtant…

>> Episode 1 : l’avant  Xrun << 

Pour comprendre ce qui m’a mené là, il faut revenir en arrière, à cette période où faire du sport était essentiel pour moi mais ne pouvait pas encore bouleverser mes phases de sommeil. Danse, taekwondo, natation… je suis passée par beaucoup de sports en 28 ans mais essentiellement en club, avec des entraînements fixes, des objectifs bien définis par un calendrier et un entraîneur pour me guider et me corriger.

La course à pied, pour sa part, est un sport qui a fait partie de ma vie en pointillés très très espacés : une ou deux compétitions en tant que poussine parce que le club d’athlétisme de ma sœur avait besoin de remplir un quota de coureuses (« t’as des baskets, t’as rien à faire en attendant d’encourager… allez hop, cours ! »), un passage sur les pistes de cross au lycée « au talent » faute de réel entraînement, un ou deux 10km officiels dans la même lignée et pour conclure un Paris-Versailles couru/marché en grimaçant en 2011. Pour le coup, j’avais commencé à courir « régulièrement » au vu de cet objectif mais c’était sans compter sur l’essuie-glace qui a eu raison de mon genou droit un mois avant et comme tout novice qui se respecte, j’ai appliqué la règle du « je me suis inscrite, je la courrai et peu importe si je souffre ! ». Et bien sûr, j’ai gagné le gros lot : un mois de douleurs, des séances de kiné à n’en plus finir, plus de course à pieds et 0 motivation pour m’y remettre.

2015 : En mai se développe un groupe de coureurs dans mon entreprise, je décide de me joindre à eux une fois par semaine et on se fixe un 10km comme objectif. Plus motivée que jamais par mon résultat, je continue sur ma lancée, commence à me renseigner sur comment progresser, participe à une RMC Running Session encadrée par Xrun et là, commence à comprendre qu’il ne suffit pas seulement d’aligner les kilomètres. Je décide de suivre une programme de renforcement à base de 3 séances par semaine et continue de courir un midi par semaine. La motivation des collègues flanchant et histoire de ne pas lâcher de mon côté, j’intègre une communauté de runners parisiens qui me motive encore plus. Les courses s’enchaînent à la rentrée, mes chronos descendent comme je n’aurais jamais imaginer qu’ils le puissent (-5 minutes sur 10km entre juin et décembre 2015) et j’essaie de structurer un peu vainement mon programme sur la base du test VMA fait avec Xrun en décembre et des programmes que je lis à droite à gauche…

2016 : Objectif premier semi-marathon d’un côté sur route et grosse envie de tester le trail de l’autre. Soyons fous, je m’inscris au 30km de l’Ecotrail de Paris bien qu’il ait lieu seulement deux semaines après le Semi de Paris (« ça devrait passer, non ?! »). Le semi arrive : je finis dans le dur mais ultra fière d’avoir réalisé un meilleur temps que mon objectif d’1h40 (« ça paye, dis donc, de s’entraîner ! »). Un peu de repos, quelques footings et une RMC Running Session « spécial trail » plus tard (« ah bon, faut augmenter la fréquence de pas en descente ? Intéressant… »), j’arrive à l’Ecotrail sans aucun repère sur ce type de course mais avec l’espoir d’atteindre les objectifs que je me suis fixés (« à l’idéal, faut que j’arrive au ravito de Saint Cloud en 2h, ce qui me laissera 1h pour boucler les 10 derniers kilomètres sur route et rester sous les 3h de course ! »).

Résultat (version courte) : 20km en forêt en 1h56 et des bananes, avec de super sensations grâce aux bons conseils glanés lors de la séance du WE précédent avec Xrun (« on ne se fatigue pas à courir en montée mais on relance bien juste après et on se lâche tout en contrôlant en descente, c’est là que les places se gagnent ! ») puis 10km bien plus compliqués mentalement (c’est fou ce qu’on peut avoir l’impression de ne pas avancer quand la tête ne suit pas !) et qui n’auraient pas été pareils si un compagnon de galère n’avait pas décidé de me prendre sous son aile pour que je ne lâche rien !

>> Bilan : 31,1km en 2h52’42 et un classement inespéré pour un premier trail : 43e femme et 30e senior femme

>> Episode 2 : Découverte  <<

Qui dit course dit passage au village récupérer son dossard et dit stands des partenaires. Le précieux en main, je m’arrête sur le stand de Xrun et découvre l’existence du Xrun Trail Experience. Qui ne tente rien n’a rien, je m’inscris. « Xtrêmement » motivée (je plagie, Fanny, je sais), j’envoie une prose qui vaut un 10/10 (pour l’effort et parce que c’est trop long de la lire jusqu’au bout) et croise les doigts de pieds. 12 mai : Allelujah ! Pour la première fois, je gagne au loto !! Je fais sursauter les collègues avec mon cri de joie mais tant pis, ils n’avaient qu’à pas dormir ! Et la pression monte d’un cran : va vraiment falloir faire mieux en 2017 ! … puis redescend : je ne serai pas toute seule dans ce bateau ! Quelques mails plus tard, rendez-vous est pris pour une première séance découverte en juillet puis les choses sérieuses commenceront vraiment en septembre.

Séance découverte : 10h un samedi matin, 1ère rencontre d’Alexis (alias le coach), de Philippe (alias le kiné) et de Benjamin (alias mon binôme : le 2ème gagnant du Xrun Trail eXperience). Hormis une inscrite, nous sommes tous en séance test. On part tranquillement en footing d’échauffement dans le parc puis viennent les gammes de courses ponctuées de conseils sur nos postures et la technique et enfin arrive la séance du jour qui mets bien dans le bain : travail de relance et d’accélération dans une montée douce entrecoupée de quelques volées de marches puis redescente en parallèle. Moi qui n’ai pas l’habitude de ce type de séance, je peux dire que ça pique et d’autant plus quand je vois Benjamin partir comme une flèche sur chacune des répétitions alors que moi j’essaye vaillamment de tenir le rythme que je m’étais fixé au départ. Au final, chacun de nous fait en fonction de son niveau, accompagnés tout du long par Alexis et Philippe. On s’écroule finalement à l’ombre et vient une petite analyse sur chacun. Personnellement, j’apprends que je travaille beaucoup trop en puissance et la manière dont je me suis épuisée sur les répétitions me le confirme bien. Puis après le travail technique vient une petite mise en application du travail technique sur parcours trail histoire de voir les différents types de séances qui nous attendront. Fin de séance : vivement septembre !

>> Episode 3 : 3 premiers mois de coaching  <<

Septembre : rentrée des classes, il est temps d’apprendre un peu à courir ! On pose déjà les bases : pour personnaliser mon encadrement, on veut me connaître déjà, ce qui signifie entretiens « coach » et « kiné » de rigueur.

  • Profil : « jeune » coureuse (oui, un an à s’entraîner, ça fait pas beaucoup quand même), pas d’intoxications connues, pas d’antécédents médicaux, un cœur en forme jusque là.
  • Courses prévues avant l’Ecotrail : quelques détails comme un marathon fin septembre et un petit 72km de nuit nommé la Saintélyon. Rien du tout, quoi (entre fougue de la jeunesse et inconscience, je vous laisse choisir…)
  • Nombre d’entraînements que je souhaite par semaine en plus du samedi : 3 ou 4, ça devrait passer (on avait dit « Xtrême » motivation)

Impossible pour moi de faire un test VMA début septembre : on le prévoit en octobre et on part sur les données du test que j’avais fait en décembre 2015 en attendant le nouveau. Alexis se charge de mon plan d’entraînement, Philippe de mon plan renforcement (PPG) et courez jeunesse !

Le premier samedi, le réveil à 7h est compliqué mais c’est pour la bonne cause. On se retrouve dans le parc de Saint Cloud, terre promise des traileurs parisiens, pour une séance de fractionné en côte / récup en chaise. Le groupe est restreint ; Alexis est dispo pour chacun d’entre nous : entre conseils et recommandations, il nous accompagne dans l’effort pour nous pousser à nous dépasser et je sens que c’est exactement ce qu’il me faut : quelqu’un qui va me forcer à me sortir de ma zone de confort et me guider vers la technique de course que je n’ai jamais acquise. Je commence le programme de ma première semaine, appliquée à bien tout faire comme prévu, et c’est là que les soucis commencent pour moi : une légère douleur que je traîne depuis deux mois commence à se faire sentir plus malgré un passage chez l’ostéopathe. Le samedi suivant, la séance est beaucoup plus difficile, il faut relancer en côte et ça me tire à chaque passage. L’œil du kiné fait son œuvre : Philippe me diagnostique une inflammation tendineuse et me conseille des ondes de choc. L’arrêt de course n’est pas prévu mais plutôt une adaptation de mon programme le temps que la blessure se résorbe. J’ai totalement confiance dans ce binôme kiné/entraîneur et je suis prête à suivre toutes leurs recommandations. Ce qui est plus difficile à accepter, c’est le fait de devoir renoncer à mon marathon prévu deux semaines après, qui plus est à l’étranger. Mais l’idée de renforcer la blessure en forçant dessus pendant 42 kilomètres, au risque de devoir renoncer à mes autres courses derrière, me convainc d’abandonner et de jouer les supporters à la place. La stratégie est donc claire pour mon duo d’accompagnateurs de choc : on se soigne, on continue de courir mais en se concentrant sur la technique de course et le renforcement musculaire et on oublie toute idée de vitesse pendant un moment. Et ça marche !

Aujourd’hui à fin novembre, la douleur ne se fait plus sentir (et encore, je me demande si ce n’est pas mon cerveau qui travaille trop avec la peur qu’elle soit toujours présente…). Encore plus important sur le long terme : je commence à ressentir une vraie amélioration de ma foulée et de ma technique de course (bon, il y a encore du travail, hein !). Au grand dam de mes mollets durant certaines séances, ma foulée est aujourd’hui plus légère, plus vers l’avant du pied et ma cadence de course se rapproche des 180 pas par minute alors qu’elle devait plutôt être proche des 160 en moyenne.

Bilan : j’ai l’impression d’avoir plus appris et progressé en 3 mois qu’en 1 an. Vivement la suite !