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Je ne suis pas fan des récits de course d’habitude mais je voulais le faire pour remercier tous ceux qui m’ont porté durant cette fabuleuse histoire…
En commençant par ma femme Christelle Laulhey qui m’a supporté dans tous les sens du terme durant ces longs mois de préparation et sans qui ne n’aurais pas pu faire tout ça…qui a été d’une aide sans faille et d’un grand réconfort…Et qui a formé un duo de choc avec Marius pour mon assistance…Merci mon amour !!!!
Je remercie aussi mon coach Adrien Tarenne qui m’a mijoté un plan aux petits oignons autour de mon bloc corse…Je n’ai même pas de courbatures aujourd’hui !!!
Merci à mes supporters pendant la course Claudette LaulheyJean-Louis Laulhey et Titouan Laulhey
Merci aussi à la Team Gypaete :
Ceux qui ont couru et sont arrivés Finishers à savoir mon frère Stéphane Laulhey qui s’est surpassé malgré une prépa difficile et Nico Bié qui fait une performance de Champion (et à qui on devrait proposer un contrat de sponsoring un de ces jours 😉
Ceux qui n’ont pas été tirés au sort mais avec qui on a partagé un grand moment sur le GR20 (Xavier Darrieutort)
Ceux qui n’ont pas pu venir : Marcel Barellil et Jean-Yves Couët
Et Ceux qui devraient faire partie le la Team mais n’ont pas pu pour cause de blessure (Bruno Lavergne à qui je souhaite de pouvoir tenter cette aventure un jour)
A tous mes amis qui m’ont soutenu en me traitant de taré lors de ma prépa…
A toutes les personnes qui m’ont suivi sur LiveTrail ou sur Facebook, car on n’abandonne pas quand on se sait suivi comme ça…
Et merci à Yohann Métay qui m’a permis de trouver mon leitmotiv pendant cette course à savoir « la polaire de finisher » 🙂

Vendredi 26/08/2016 17h58….La musique de Vangelis se met à retentir…Impossible de ne pas avoir de frissons…Nous sommes bel et bien sur la ligne de départ de l’UTMB avec mes acolytes du jour, Stéphane Laulhey et Nicolas Bié !!!!
3 ans que nous attendons cela, à tenter le tirage au sort sans succès, et à courir après les points année après année…en laissant les copains malheureusement blessés de côté…Mais nous y sommes…
Finies les incertitudes des derniers mois et des derniers jours….Une super prépa dans les jambes grâce à mon coach de luxe et un bloc sur le GR20 aux petits oignons, et les patchs vaudous posés la veille pour calmer les douleurs des tendinites rotuliennes apparues il y a 10 jours…Bref, JE SUIS PRET !!!
18h00…le départ est donné !!! Acclamations de toutes parts !!! Nous franchissons la ligne de départ dans le premier tiers du peloton, nous nous mettons à courir…sur 5 mètres…nous nous perdons déjà…et la densité nous oblige à marcher sur plus d’un km…Nous sommes encouragés par des tonnerres d’applaudissements et des bravo dans tous les sens alors que nous n’avons fait que quelques mètres…Mais je me souviens l’admiration et l’envie que j’avais ressenties lorsque j’avais assisté au départ en 2013….Je passe devant la famille, un dernier coucou, et c’est parti pour de vrai….Nico me passe sans me voir et je l’interpelle pour lui souhaiter bonne course car je sais que je ne le reverrais plus…Mon frère s’est calé derrière…et je ne le reverrai que dimanche…
Première portion roulante jusqu’aux Houches et je vois déjà des fous furieux me doubler…je me dis déjà que certains ne verront pas la ligne d’arrivée…Mais je reste calme…tranquille…j’ai ma stratégie bien en place. Un petit coup d’oeil à la supportrice qui nous encourage des deux seins depuis sa fenêtre et on commence la première montée…Il fait encore jour et les supporters sont à fond…des groupes avec de grosses clarines, des japonais distribuant des bonbons Haribo, des enfants voulant taper dans les mains..c’est la fête avec le beau temps de la partie…Je prends quelques photos, je reste à mon rythme et je commence à doubler du monde jusqu’en haut du premier col, et surtout dans la descente dans laquelle je ne m’engage pourtant pas…Arrivée à St-Gervais…j’avais prévu de manger des plats consistants aux heures de repas pour ne pas bouleverser mon horloge biologique…J’en profite donc pour prendre un bol de vermicelle chaud, pain, saucisson et fromage et je repars après un arrêt super bien maîtrisé avec bidons remplis et frontale en place…Un coucou à Fred LM à la sortie du ravito qui vient de boucler avec brio l’OCC 2 jours auparavant et c’est reparti…Cap sur les Contamines avec la frontale allumée…Tout va très bien…La montée continue vers La Balme et je continue à prendre des places…Petit arrêt au ravito…je n’ai déjà plus envie de boisson énergétique, ni de mes barres pourtant si bonnes d’habitude…Je teste une barre bio de la marque tant vantée par Seb Chaigneau et je recrache tout direct !!! Infecte…Je me prends une demi-barre des miennes et j’embraye jusqu’au col du Bonhomme…Je ne monte pas aussi bien que d’habitude mais je trouve aussi que les autres montent trop vite…Je passe le col et je fais une belle descente dans laquelle je reprends encore du monde….Arrivée aux Chapieux qui constituait la fin de mon premier bloc (je m’étais découpé la course en 4 gros blocs, eux mêmes découpés en plusieurs étapes)…Là, se pose l’habituelle question : quoi manger quand tu n’as déjà plus envie de rien ? Je vois des pâtes et je me dis qu’il faut ça pour tenir la nuit….Je repars en compagnie d’une italienne aux cheveux roses fluo qui veut profiter de mon halo de lumière…mais elle me dépose…puis des trailers me dépassent et quelques groupes également alors que nous somme sur un faux plat montant sur du bitume…Petit tour rapide du propriétaire, je ne suis pas bien…et les nausées arrivent…très vite…et je vomis tout, une fois…deux fois…Are you OK me demande-t’on alors que je suis penché dans le fossé ? Bah oui, je suis au TOP !!!! Je repars en me disant que je me suis libéré ce cette gène…Mais je n’avance pas…pire, je commence à m’endormir en marchant…La montée vers le col de la Seigne est un long, très long calvaire….Je retente un gel pour avoir de l’énergie rapidement…Perdu, le reste des pâtes part en même temps que le gel…Je suis un zombie et je passe en mode négatif…J’ai froid…J’enfile une veste…je continue en me traînant…Au col de la Seigne, je suis en train de penser à l’abandon…et des messages qu’il va falloir que je mettre sur FB…après celui de la Diag en 2014…Beurk…Pourtant, entre Chamonix et les Houches, un vieux m’a regardé sur le bord de la route en me disant « Cette fois, c’est la bonne » !!! Et bien non…En haut du col, je vais voir le médecin qui me demande de descendre un peu plus bas car il y a un refuge…Deux zombies sont déjà entrés mais les médecins m’écoutent et me filent un anti vomitif…mais ne veulent pas me garder…je leur demande si je peux rester pour dormir un peu car je n’en peux plus…je m’assoupis en 2″ et me réveille 10′ après…Je repars, toujours dans le dur…vers le col des Pyramides Calcaires qui porte bien son nom…que de la caillasse pour me rappeler la Corse…mais nous avons des névés pour casser la monotonie et faire tomber ceux qui ne sont pas assez lucides…La descente est difficile dans ces conditions mais on aperçoit rapidement le ravito du Lac Combal…Bilan : 110 places de perdues depuis le départ des Chapieux !!! Mais je suis encore dans les fourchettes de temps que je m’étais fixées…ll reste 13km jusqu’à Courmayeur ou m’attend Christelle…Je décide de continuer jusque là-bas…en me disant que je pourrais prendre la voiture pour rentrer à Chamonix…Mais le médoc commence à faire effet…Je picore 2-3 trucs et le paysage me fait oublier mes soucis…j’ai pris une dizaine de photos de la mer de nuage qui surplombait le lac Combal…et le lever de soleil était incroyablement magnifique…En plus de cela, je me retrouve sur les chemins de la TDS pris dans l’autre sens en 2013 et je me rappelle que c’était une partie roulante après l’arrête du Mont Favre…Au col Checrouit, je croise Thierry et son équipe qui repartent sur leur PTL…Ils sont partis depuis lundi et semblent en pleine forme…Cela me redonne un peu de peps et et je repars comme un bolide en reprenant pas mal de places…La vue de Courmayeur est un grand soulagement d’un côté car je sais que je vais voir ma superbe Team d’assistance…et je me rends compte que je vais mieux…Arrivée à Courmayeur…et là, mon amour me fait une assistance aux petits oignons…dans le calme…on fait une très bonne équipe…Je me change de A à Z, je mange en même temps et cela tient…COOL !!! Que de bonnes nouvelles !!! Je suis revigoré !!! Je repars et je fais coucou à toute ma team de supporters et je repars avec le beau temps sur des chemins que je connais grâce à la reco CCC faite en 2013…La montée vers Bertone est une formalité…même sila chaleur y est déjà écrasante à 10h du mat…Le balcon entre Bertone et Bonatti est magnifique…et à l’ombre…que du bonheur…je déroule…un duo japonais me dépasse à toute allure mais ils explosent 3km plus loin…incompréhensible…Arrivée à Bonatti où la chaleur est maintenant bien présente….Je tombe sur le photographe de Jogging International que j’avais déjà croisé à Paname qui prend quelques clichés de moi…Trop une star 😉 Je rentre dans le refuge car, à ce point et jusqu’à La Fouly, mon but ultime sera de trouver une glace au chocolat !!! Sans succès 🙁 Descente vers Arnuva où les « Great job » anglais et les « Animo » espagnols sont assez présents…Il fait très chaud en bas…La montée vers le grand Col Ferret se dessine mais j’en ai un bon souvenir…mais pas dans ces conditions !!! les 700m de D+ sont très difficiles !!! Peu d’eau et une chaleur de dingue…Je deviens à nouveau faible…Je dois faire des pauses car j’ai la tête qui tourne…Peu de coureurs s’arrêtent autant que moi…Comment font-ils !!??? Plus que 300m, 200m, 150m, 100m…et heureusement un dernier virage qui nous permet de voir le bout !!! Là-haut, je sais qu’il faut que je récupère car cela va être une partie roulante pendant un vingtaine de km…Je règle le réveil pour 10′ de sieste à l’ombre qui me font un bien fou…mais je recommence à ne plus pouvoir manger/boire comme il faut…Je gère la descente jusqu’à la Fouly…même si je me fais une petite frayeur en glissant et tombant dans un passage de gué..La Fouly, pas faim…mais il faut que je mange…Je prends quelques trucs à droite et à gauche et je me précipite chez le médecin pour avoir un autre médoc…Tension OK;..mais cardio trop haut…début de déshydratation…il veut me garder…soit c’est la perf et l’abandon, soit la sieste obligatoire…Devinez ce que je choisis…15′ de sieste et 2 cocas dégazéifiés plus tard, je repars…Je suis content de m’être reposé et de me sentir mieux mais je me dis que j’ai dû perdre un paquet de places…Mes jambes sont parfaites et je repars le couteau entre les dents et je récupère des trailers que j’avais déjà doublés…mais les sensations sont de courtes durées car je n’ai pas assez mangé…La montée vers Champex Lac est un supplice !!! Mais ma Team m’attend 🙂 Je vois sur leurs yeux que je ne peux plus masquer mes défaillances….J’essaie de manger tout ce que je peux et je décide d’aller (encore) dormir 20′, le temps que la digestion commence…Bingo !! Bon choix…Ce sera ma stratégie jusqu’à la fin : prendre mon temps aux ravitos, profiter le plus possible de mes proches et de mon assistance et repartir avec la rage…Je repars de Champex et l’orage gronde…A peine la montée vers Bovine entamée, il commence à pleuvoir…On fait un petit groupe et on s’arrête mettre les Gore Tex…Il pleut, de plus en plus…il grêle…Les éclairs fendent le ciel et le tonnerre gronde…Terrifiant surtout quand on se retrouve vers Bovines à découvert…Mais j’adore ce temps…Cela décuple mes forces…Du coup, je fais une montée descente jusqu’à Trient à fond la caisse !!! Et je reprends toutes les places perdues pendant mon long arrêt à Champex…Je suis parti en mode Pacmant et je sais maintenant que je vais aller au bout…Je suis même en colère de devoir rester coincé 45′ à Trient car le speaker nous dit d’attendre la fin de la pluie…Je pars quand même….Christelle et Marius m’ont reboosté et je fais une pure montée vers Catogne…Les mecs me prennent pour un barjot car je les dépose un par un….jusqu’à Vallorcine…Christelle me fait encore une assistance parfaite et je décide de ne pas traîner…De toute façon, je n’arrive plus à manger de nouveau…Du coup, la montée vers la Tête aux Vents ne sera pas à la hauteur de mes espérances…Un quart de barre de céréales et un verre de coca pris sur les 4 dernières heures, ce n’est pas suffisant pour avoir suffisamment d’énergie 🙁 Je cale vers la moitié et décide d’arrêter de doubler et de me caler dans la roue d’un petit groupe…Le balcon vers La Flégère me semble interminable car je ne peux plus relancer…Pourtant, c’est ce que je m’étais promis de faire (Merci Nico)…Mais je sais qu’à La Flégère, c’est gagné !!! La première partie de la descente m’est difficile mais je me suis juré de ne pas perdre de places…Je me fais doubler mais je sais que je vais dégainer mon arme ultime en courant à partir de La Floria…et je remonte ceux qui m’ont doublé…Je commence à bien connaître cette partie et j’aperçois le bitume…Un coup de fil à Christelle : j’arrive !!!! Il y a peu de monde sur le bord de la route à cette heure matinale mais les gens qui m’encouragent peuvent voir l’émotion sur mon visage…Pas la même grosse émotion que sur la fin de la TDS mais la satisfaction d’accrocher ce Graal alors que j’avais abandonné dans ma tête la nuit d’avant….Arrivée dans Chamonix…Trop bon…les jambes sont légères, plus de fatigue, plus de nausée…Il faut juste PROFITER !!! Je passe la ligne…FINISHER après 35h50′ d’efforts…des hauts et des bas, ou plutôt des cimes et des crevasses aussi bien physiques qu’émotionnelles…Le classement apparaît et c’est la bonne surprise : 245ème…Dernière étape, marcher pour aller chercher ma POLAIRE DE FINISHER (Merci Yohan) même si…je n’en dirai pas plus…
Dimanche 28/08/2016 05h50, place au repos du guerrier !!!!

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