L’Ut4M (Ultra-tour des 4 Massifs), c’est l’histoire d’une course multi-format où les dénivelés ont souvent raison de vos jambes et font sérieusement fléchir le mental, sans toutefois le faire rompre… sur nos humbles distances.

 

Ut4m 40km VERCORS (2750D+) : La magie du trail est faite de toutes petites choses (me concernant) : un décor, mes frères de trail Thieum, Brunas, Djoul (je les cite, ils vont lire ce cr) et… un plan d’entraînement.

Journée magnifique pour un départ à 7 dum’ depuis le centre de Grenoble où, passés les 5km insipides de la ville, nous nous immisçons dans la forêt qui signifie la 1ère difficulté du jour : Le Moucherotte et ses 1700D+ sur 12km. Engloutis, sagement. J’ai omis de préciser, sauf à Coach Adri’, mon inscription 15jrs avant sur le 40km. CHARTREUSE du lendemain, d’où la « prudence » !). Je dois canaliser l’euphorie que la course véhicule, me détacher de l’effet groupe, respecter ma stratégie, du moins tenter de…

Km17: contrôle de la foulée en descente, recherche du rythme en montée. Penser à l’épreuve du lendemain. Je ralentis à l’approche de la 2ème ascension que j’attaque avec Djoul, revenu dans mes petits pas. On décide de poursuivre et finir ensemble. Ah oui… Ce trailer lyonnais est un véritable poison, tant il est pétri de qualités physiques et d’envie de croquer du trailer (on nous avait donné une étonnante 20e place provisoire à un CP, alors ça l’a taquiné ! Ça m’a taquiné aussi… les cuisses). Arrivée au sommet du Pic St-Michel et vue époustouflante ! Puis, amorce de LA descente qui tue : 1500D- / 7km. Je déguste, mais j’apprécie, mais déguste…mais apprécie.

Km32 : ravito salvateur de St-Paul-de-Varces avec cette fontaine dans laquelle je plonge une tête et m’étale, perclus de crampes. Me faut bien 15min et un antioxydant avant de repartir avec mon lièvre fou. Vient l’ultime descente du jour après une courte ascension mais qui n’a pas manqué de me chatouiller les réserves de puissance. Le soleil fait alors son travail de four à chaleur non tournante et je franchis la ligne avec mon « poison-pilote » en 7h ! Finish en souffrance, mais je vois la trombine de Martin, brillant 3e de l’étape qui vient me saluer avec son sourire ultrabrite. Une 24e place à 1h30 du vainqueur, Martin en 5h43 s’il vous plaît ! Place à la récup’ avant le 40km Chartreuse le lendemain.

 

Ut4m 40km CHARTREUSE (2600D+) : C’est marrant comme je ne rigole pas au réveil. Debout 05h. Enfin debout… Dans le sas de départ à 7h je croise furtivement Martin, dont les yeux ne pouvaient dissimuler la nuit éphémère ! Je m’sens moins seul. Départ avec une amie (La Burbu’) et ma chérie (Ln), alignées pour la 1ère fois sur une telle course (je les cite aussi, elles ont été de surcroît merveilleuses -.-).

Km3: sensations physiques proches de 2 sur une échelle de 1 à 10. Le froid et les frissons m’envahissent quand tout le monde est en manche-courte. Avant d’attaquer les 16km qui nous mènent à Chamechaude (1900D+), j’ai le sentiment d’une distance Paris-Vladivostok en tricycle, vent de face, roue arrière crevée.

Km10: tiens, le petit dej ou le dîner de la veille n’a vraisemblablement pas été au goût de mon estomac… On purge et on repart.
Vaillantes comme des impalas cherchant à fuir le prédateur, les filles me donnent l’énergie de (les) poursuivre. Puis vient le moment où ça va mieux, plus encore à l’annonce de la suppression des 300 derniers D+ de Chamechaude. Raison : chutes garanties cause pluie incessante. Euh… Comment vous dire… J’ai souri 🙂

Km25 : ravito du Sappey-en-Chartreuse. Me gave de vermicelles et de soupe ; le ventre criait, enfin, famine.
Km28 : arrivée au Fort du St-Eynard, dont la vertigineuse falaise est bien tristement réputée pour être le paradis des jump sans parachute… Sinon c’est un super spot de parapente ! Avec Hélène, nous décidons de partir devant et encourageons férocement Virginie pour les 13 derniers km de descente. S’en suit une longue mais très agréable descente vers Grenoble. Fier de couper la ligne avec ma guerrière en 8h45.

Conkloujeune :
En choisissant le format 2x40km en 2 jours, j’optais pour la continuité d’un effort long (et là, Eric se marre ;)). Bien qu’il me soit difficile de tenir les plans d’entraînement millimétrés de Coach Adri’ (non par désintérêt mais par indisponibilité), je crois m’être enrichi d’une bonne technique de course pour ne craindre aucun dénivelé positif/négatif, malgré la fatigue, parfois le manque de puissance et l’usure psychologique.

Envieux aujourd’hui de pousser la distance sur 70-80 km en 2017.
Année de mes 40 piges, faut bien pousser ses limites plutôt que Mémé dans les orties !

#chucknorrisnajamaiscourulut4m