Ultra Marin Raid Golfe Morbihan Trail 56km, indice d’émotion au maximum !

Par où commencer ce récit de course ? Amoureuse de la Bretagne et particulièrement du Morbihan, cela fait 2 ans que je souhaite participer à l’une des courses de l’Ultra Marin mais deux fois que je me fais avoir par l’affichage COMPLET au moment où je décide de m’inscrire. L’année dernière je loupe encore le coche, je me contente donc d’entendre avec joie, le bonheur de Yves à son arrivée en 2016 ! A partir de ce moment là, je me mets déjà une alarme pour janvier 2017 : ouverture des inscriptions. Vous pouvez être sûr que fin janvier j’étais inscrite !

Petite retrospective sur une fin 2016 et un début 2017 non propice à la course à pied > Décembre 2016 : gros coup de mou, raz le bol de la CAP. Décembre passe et l’envie de courir ne revient pas… Je rage intérieurement en me disant « c’est bête je commençais à bien progresser et je ruine tout en arrêtant de courir maintenant… » Fin janvier : il est temps (que je le veuille ou non !) que je me bouge les fesses. Je recommence tout doux à courir et décide de m’inscrire au 18km de l’Ecotrail (à défaut de faire le 45 ou le 80) pour relancer la machine. Avec étonnement, je constate que le rythme et les sensations reviennent finalement rapidement et la motivation suit le mouvement !

Après quelques courses courtes distances, il est temps passer aux choses sérieuses > prochain gros objectif : la Marathon Race d’Annecy (42km et 2500 D+) avec la Team Xrun, même si je sais déjà que mon objectif principal reste le Morbihan début juillet. Je demande donc à mon coach d’axer mes plans d’entraînements en fonction de l’Ultra Marin en incluant 1 séance de piste par semaine. De belles semaines d’entraînement s’enchaînent avec beaucoup de travail au seuil et sur piste, j’ai parfois râler (Marc et Christophe pourront en témoigner !) mais aujourd’hui je remercie ces séances qui m’ont fait grandement progresser ! Fin mai > Marathon Race à Annecy qui se passe très bien, 7h en montagne et des bonnes sensations malgré une course vraiment difficile où je me suis encore dit « P…. mais ça ne court pas !!! ». Je retiens aussi un super weekend avec la Team Xrun. Retour du weekend de folie, les quadris sont un peu douloureux mais je ne tarde pas à me remettre à l’entraînement car l’Ultra Marin est maintenant dans 1 mois..! J’entends déjà les gens autour de moi se demander si c’est très sérieux avec si peu de récup’ de la Marathon Race, je me fais confiance et je fais confiance à mon coach. Je me concentre sur la suite de mon plan préparé aux petits oignons pour cette dernière ligne droite. La récup’ se passe niquel et j’arrive à suivre mon plan à la lettre, tous les feux sont au vert ! S-2 avant l’objectif, semaine de grosses chaleurs à Paris, la gestion des entraînements est difficile mais j’adapte pour respecter au maximum « les séances clés » comme dirait le coach, sans pression !!

 

S-1 : on y presque, j’ai hâte !!! Je vois que l’ITRA me classe parmi les favorites de la course en 6ème position. A ce moment là, je rigole ! Oui, ils sont gentils mais cela me parait très compliqué les gars ! Initialement, je me donne un objectif de moins de 5h de course, objectif que je revois clairement à la baisse quand je visualise les résultats de l’année dernière. Finalement, je partirais sur un – de 5h30 car aux dires des connaisseurs, ce trail qui se dit « très roulant » n’est pas si facile que ça. Partons donc raisonnablement sur un objectif : moins de 5h30 et un top 10 féminin ! Stratégie de course mise en place correctement avec le coach qui ne sera pas là le jour J. Niveau sommeil, c’est vraiment très moyen la semaine qui précède la course, ça me stresse déjà car si je ne dors pas mes jambes ne suivront pas et pourtant…

Arrivée à Vannes le vendredi soir avec mon assistance de choc, ma maman Valérie et ma soeur Alice. Un peu triste que mon père ne soit pas à mes côtés mais contraintes professionnelles. Je suis super contente d’avoir mes deux Lejeune’s girls qui me suivront sur le parcours.

 

 

Samedi matin : mal dormi (évidemment !). Petit dèj puis retrait des dossards sur le port de Vannes. Il est 12h, le départ sera donné à 17h. Maman et Alice décide d’aller manger dans une crêperie, je les accompagne et quel supplice de les voir manger galettes et crêpes au chocolat !!!!!! Bon moi je me contente d’un thé et de mon gâteau sport, finalement c’est tout aussi bon hein ? 😉

Le temps passe finalement vite, retour à l’appart pour me préparer tranquillement. Je commence à avoir mal de tête et au ventre. Comme d’habitude avant les courses, je me sens mal et je me dis « cette fois ça ne va pas le faire, je n’ai pas assez dormi ! » Ma mère qui me dit (comme d’habitude !) « Arrête de psychoter ! » Moi psychoter ?! JAMAIS !!!

 

 

 

 

15h30 : on prend la route direction Sarzeau lieu du départ. Là-bas, je retrouve Yasmine, Xrunneuse de notre groupe trail. Nous ne sommes pas en retard en tout cas ! Je ne vois personne s’échauffer ou trotiner, je décide tout de même d’aller courir ne serait-ce que 10-15min pour dérouler les jambes et me rassurer !

17h00 ENFIN !!! Il est temps qu’on parte je ne tiens plus en place ! Briefing de départ, une bise à Yasmine et c’est parti ! Je me place tout devant, même si je sais que je vais me faire dépasser, mais s’il y a bien un chose que je déteste : les BOUCHONS surtout sur un trail roulant. Ne sachant pas, je suis en première ligne !

5, 4, 3, 2, 1 PARTEZ !!! J’avance à bonne allure, je ne vois pas beaucoup de femmes devant, je suis proche d’une concurrente avec qui j’avance pendant un petit temps puis je la laisse filer devant, je ne veux pas me griller et d’après moi elle va trop vite (en tout cas pour moi !)…

KM10 : supers sensations (tu m’étonnes et heureusement il reste 47km à faire !) Je croise maman et Alice avec le gros smile, elles me disent que je suis 3ème, je leur répond « ouai mais il faut que je calme le rythme car je ne tiendrais jamais ! »

KM15 : toujours à 12km/h, je vous promets, je me force à réduire l’allure mais honnêtement je me sens vraiment bien donc je décide de prendre le risque de garder le rythme. Je me connais maintenant assez bien et je me fais confiance pour diminuer avant d’être complètement grillée !

KM17 : NOYALO 1er ravito > Toujours, le smile, je vais super bien (mais je me demande jusqu’à quand !). Je recharge les boissons. A défaut de ne pas manger grand chose, je fais attention à boire très régulièrement de la boisson énergétique.

KM22 : LE HEZO 2ème ravito > Peu avant, je dépasse la 2ème féminine que j’entends très essoufflée, pas bon signe mais je l’ai senti qu’elle était partie bien trop vite. J’apprends par la suite qu’elle a abandonné. Donc je ne rêve pas je suis bien 2ème Femme ???? Déjà euphorique car ça ne m’est jamais arrivé d’être si bien classée sur une course pareille. D’ailleurs, l’euphorie ne dure pas longtemps car nous ne sommes qu’au KM22, la course ne fait que commencer, dans ma tête il est clair qu’il y a des petites nenettes bien plus fortes que moi dernière qui ne vont pas tarder à me faire coucou en me passant devant !

Après ce 2ème ravito, le rythme commence à diminuer, j’essaye de maintenir une moyenne à 11km/h comme ce qu’il avait été convenu avec le coach. Quel bonheur, le long des chemins toujours des supporters pour t’encourager. En tant que femmes, nous avons souvent le privilège d’être super encouragées et félicitées. Je rigole avec mes coéquipiers masculins qui me disent « bon je crois qu’on va rester à côté de toi car on a le droit à une ovation à chaque fois ! » Sur nos chemins, nous croisons régulièrement les participants du Grand Raid (177km), à ce stade de ma course, eux sont déjà à plus de 26h de course… Je suis à chaque fois impressionnée et fascinée par leur mental. Le pire, c’est que ce sont les premiers à te féliciter et t’encourager mais ce sont eux les champions !!!! Certains ont encore le sourire, d’autres dorment plus ou moins sur place, on s’encourage tous, il règne vraiment une ambiance amicale et bienveillante sur ce trail.

KM30 : dur dur… ma moyenne baisse encore, je commence à être fatiguée… Mais il s’avère qu’à un moment, je suis passée en 1ère position chez les femmes. Alors ne me demandez pas quand car je ne me suis pas vu la dépasser, cela a probablement dû se faire sur un ravito. J’entends à plusieurs reprises des supporters dire « c’est la 1ère femme ! » « heeeeeeu on parle bien de moi là ? » Je prends quand même ces propos avec précaution car cela me parait IMPROBABLE et j’ai encore bien le temps de me faire dépasser.

KM36 : SENE 3ème ravito > Une haie d’honneur de chaque côté de la pelouse en entrant dans le gymnase, encouragée et félicitée comme jamais. Entre l’émotion et la fatigue, j’ai juste envie de pleurer à ce moment là ! Maman et Alice m’attendent à l’intérieur du gymnase. Les maux de ventre arrivent, je n’arrive déjà plus à m’alimenter et je ne supporte plus ma boisson sucrée. Alice me dit « tu es fatiguée ? » « OUI » « Ok prend ton shot maintenant » « OK CHEF ! » Je ne m’attarde pas, encore 20km, il faut repartir. En plus, personne ne sait vraiment me dire à combien de temps est la 2ème derrière moi. A ce stade, je ne veux même plus me contenter du podium mais je veux décrocher cette 1ère place car je commence à y croire bien qu’il reste encore des 20 bornes.

KM 44 : SENE PORT-ANNA 4ème et dernier ravito > Je vois ma team de choc et la seule phrase que je sors « Je suis fatiguée ! » Fatiguée ou non, je m’en fou j’irais au bout. Ma soeur me confirme que le podium est assuré ! Encore une fois je cherche à savoir à combien de temps est la femme dernière moi, personne ne sait vraiment me dire. De ce fait, jusqu’au bout de ma course je me suis raccrochée au fait qu’elle pouvait très bien être à quelques mètres comme à 10min derrière moi. A partir de ce ravito, je suis vraiment dans le dur et on ne peut pas dire que les sensations soient top : crampes au ventre, un peu envie de vomir, même l’eau a du mal à passer… Ah non ce n’est pas le moment.. ! Hors de question, j’avance quoiqu’il arrive, cette 1ère place est pour moi maintenant ! Les kilomètres défilent tellement LEN-TE-MENT… Mais à chaque fois que je croise un participant du Grand Raid (177km) je relativise et me dit « Non mais tu ne crois quand même pas que tu vas marcher alors que ces champions sont en course depuis 27h eux ! »

Mode robot activé : j’essaye d’oublier mon petit bidon qui fait des siennes et j’avance, j’avance et je continue à dépasser des concurrents. Cette dernière partie de course est nettement plus difficile, pas mal de faux plats, le vent en pleine face et des chemins à m’en plus finir… En plus, à ce moment, je ne croise plus trop de supporters… Du KM48 à l’arrivée sur le port, je suis finalement bien seule ! Je fais très attention au balisage (et là dessus rien à redire, la course était très très bien balisée).

KM55 : je suis censée arrivée dans 1km et pourtant je ne vois pas ni le port, ni personne et je suis toujours sur ces chemins interminables… Raz le bol !!!! Je croise une femme qui me dit que l’arrivée est à 2km. Noooon c’est une blague mais j’en peux plus moi et puis c’était 56km pas 57,5km !!!! Allez keep going… Oh mais ce n’est pas le port que j’aperçois là !! OUIIIII !!!!

 

Le sourire Fanny, sort ton sourire, tu n’as pas le choix tu es première et tu as une haie d’honneur sur la rive ! Je m’approche de l’arche, un gars de l’organisation me demande si je vais bien « comment dire non ? » et il me demande « Tu es prête ? » Heeeeu prête pour quoi au juste ? Après 57,5km de course, j’en ai fini moi !! Je le vois qui allume un flambeau et qui me le tend pour le porter jusqu’à l’arche d’arrivée. Je suis en plein rêve !!!!!

5h27 de course, 1ère féminine et 49ème / 1128 au scratch

 

 

 

Petite interview à l’arrivée puis j’aperçois ma soeur je me dirige vers elle pour lui faire un câlin, émue comme jamais ! De nombreuses personnes me félicitent, c’est juste incroyable, je ne réalise pas en fait ! Puis je croise Yasmine et toute sa petite famille « Oh ba Yasmine qu’est-ce que tu fais là, j’ai dû louper un épisode ? » Malheureusement, par soucis d’alimentation, elle a dû s’arrêter au KM36… Je suis déçue pour elle mais quelle joie l’avoir à mon arrivée. Maman arrive, calin again !

Quelque temps après, je rallume mon téléphone : des messages dans tous les sens et plus de 200 whatapps, un délire !!!! Je vous avoue je n’ai pas pu attendre le lendemain matin pour tout lire mais avant le dodo, un petit coup d’oeil à tous vos gentils messages qui m’ont bien touchés ! Moi qui pensais faire enfin une petite grasse mat’ le lendemain matin, mais non non, 5h du mat les yeux grands ouverts, plus possible de dormir !! L’excitation probablement !

 

 

Le lendemain 12h00, on se dirige vers le village pour la cérémonie des podiums.

 

 

Planning du reste de la journée : du kiff ! Profitez de la beauté du Morbihan (sans courir !), un petit tour Chez Jaouen pour déguster de bons fruits de mer puis promenades (n’oublions pas la récup’ active quand même) !

 

 

Dernier petit moment de gloire quand l’un de mes proches m’envoie le lien d’un article du Télégramme: http://www.letelegramme.fr/course-hors-stade/raid-du-golfe-trail-marquis-et-lejeune-s-imposent-02-07-2017-11580851.php

« Lors du trail de 56 km du Raid du Golfe qui reliait Sarzeau à Vannes samedi soir, la victoire est revenue à l’Avignonnais Laurent Marquis. Parti dans un petit groupe, il a dépassé à l’entame du dernier tiers de course Cédric Jacquet et Cyril Hamelin, qui étaient en tête à mi-parcours. Chez les dames, Fanny Lejeune, de Versailles, s’est imposée assez nettement devant Sabrina Duval. Béatrice Le Gallo, la première Morbihannaise, a pris la troisième place. »

 

 

 

 

Mon récit de course touche à sa fin, merci à ceux qui auront eu le courage et l’envie de le lire jusqu’au bout, j’ai du mal à faire court !!! Mais surtout, je finirais ce compte rendu pour dire un ENORME MERCI à tous pour votre suivi tout le long de la course, vos encouragements et vos félicitations. I am blessed 🙂 🙂 🙂 Un merci encore tout spécial, à celles qui m’ont accompagnées (et supportées dans tous les sens du terme !) pendant ce périple, Valérie et Alice (et mon papa coach de loin !).

A très bientôt pour de prochaines aventures, car OUI, je ne compte pas m’arrêter en si bon chemin 😉