Voici le compte-rendu de ma course dans les Pyrénées :

Ce genre de course était une première pour moi. Je partais dans l’inconnu. Alexis m’avait dit d’y aller au feeling. C’est ce que j’ai essayé de faire. Conscient de mes lacunes, mon idée est de limiter la casse dans les ascensions puis envoyer dans les descentes et portions roulantes. Les 6 premiers kilomètres sont essentiellement sur route avec peu de sentiers et un dénivelé pas élevé (340D+). J’y vais aux sensations. Ça part vite. J’essaie de voir où je peux me placer. Du coup, je me fais aspirer et effectue un départ un peu trop rapide. Le cardio m’indique que mon allure se situe entre moyen et vite. D’un côté, ça me travaille car j’ai peur de le payer par la suite. De l’autre, je me dis que ce sont les parties qui me correspondent le mieux donc autant faire l’effort. Je passe en 33’45’’ dans un groupe de 5 coureurs. Je suis 17ième mais ça je ne le sais pas au moment de la course. On attaque la montée principale qui fait 4.3 km et 970D+. C’est raide. L’avantage est qu’il n’y a pas de question à se poser pour choisir entre la course et la marche… 😉 D’entrée, mes mollets souffrent. Je n’arrive pas à suivre les mecs devant moi. Je sens que je n’avance pas comparé aux autres et que ça revient. Je me fais doubler par un mec du coin de 60 ans qui montait les mains dans le dos. J’hallucine. Je commence à craquer de ramasser de la sorte…  Je suis monté à mon allure avec l’objectif de ne pas me mettre dans le rouge. Le truc bizarre est que je n’arrivais pas à accélérer pour rattraper les coureurs devant.Je parcours cette seconde partie d’ascension en 1h03’.

Je misais sur la descente pour rattraper les coureurs devant moi. Il n’en sera rien. Je n’en doublerais qu’un et je n’ai aucun coureur en ligne de mire.  La descente est raide. 1000D- sur 3.1km. J’essaie d’appliquer les recommandations d’Alexis. Vraiment compliqué. Les quadriceps souffrent et je sens que je suis emprunté. Pas habitué à des pentes aussi raides sur une telle distance. Je suis de plus en plus remonté de subir de la sorte. Cette accumulation de rage va me servir sur la portion suivante qui est roulante. Le début est difficile car les quadriceps sont au plus mal. Je pointe au seul ravitaillement au 15ièmekm en 21ième position. Là encore je ne le sais pas au moment de la course. Je ne m’éternise pas. Je remarque que j’ai bu beaucoup (1L) pour 2h12’ de course comparé à ce que je consomme durant mes sorties longues. Il faut dire qu’il fait chaud. Je décide de repartir avec la même quantité d’eau par précaution ne savant pas comment mon corps allait réagir sur la fin de course. Je sens que ce petit break m’a fait le plus grand bien. Je sais qu’il y a 3km roulant jusqu’à la dernière ascension. J’y vais sans trop me poser de questions en évitant quand même de me mettre dans le rouge. Cela me permet de me défouler et d’évacuer la frustration accumulée auparavant…. 😉 Je remonte des coureurs mais je ne compte pas combien. Je suis dans mon truc. J’ai de super sensations. Et trop content de pouvoir courir…

Dans la dernière ascension, je suis vraiment dans le dur. Je passe les 3km et 490D+ en 40’. Paradoxalement, je ne me fais pas doubler et dépasse même deux coureurs. Je sens que d’autres reviennent derrière moi. J’arrive à relancer sur le peu de portions roulantes. Plutôt positif. Je bois énormément durant l’ascension. On dirait un chameau. J’ai l’impression que ça m’aide dans la difficulté. J’ai consommé tout ce que j’avais rechargé au ravito (1L) en 1h. Il fait de plus en plus chaud. Il reste une descente qui amène jusqu’à l’arrivée soit 3.9km. Il y a 650D- donc beaucoup moins raide que la première. Je me rends compte rapidement que je vais être à mon avantage. Je suis toujours porté par cette rage accumulée dans les moments difficiles. Je me mets en tête de tout faire pour que les mecs derrière moi ne me rattrapent pas. Cette descente roulante raide par portion me convient. Je vois vite que je creuse l’écart. Un spectateur m’annonce 15ième. J’ai du mal à y croire. Je continue à envoyer et je remonte 3 coureurs. Je suis remonté et déterminé à ne pas lâcher et conserver cette place. A 500m de l’arrivée, je me paie le luxe de chuter. J’ai tapé un cailloux avec le pied gauche, je suis parti vers l’avant. J’ai roulé en mode judoka sur l’épaule droite et réussi à me relever sur mes deux jambes dans le mouvement. Des feuilles au sol et pas mal de terres ont amorti ma chute. Aucune blessure. C’est mon jour.

Je franchis la ligne 12ième en lambeaux mais ça c’était l’objectif… Je passe ces 24.9km et 1970D+ en 3h35’.

PS : Quand je jouais dans le sud, j’avais eu un entraîneur assez fantasque dont les causeries d’avant-match étaient vraiment des show. Il nous disait souvent : « Sur un terrain, je veux voir des révoltés. Le jour où vous ne serez plus révoltés, vous serez des bourgeois. Et des bourgeois, je n’en veux pas. » Cette phrase m’aura portée toute la course….

Bilan

Il faut que je bosse ma vitesse ascensionnelle. Je suis trop lent dans les montées. C’est vraiment le gros axe de progression de mon point de vue. Alexis a déjà anticipé le truc puisque c’est ce qui est prévu pour ce mois d’août. A voir pour le futur. Ça évitera que je pète les plombs dans les prochaines courses…

Je ne bois pas régulièrement. Il faut que je programme ma montre pour l’hydratation. C’est l’effet course. Durant les sorties longues, je n’ai aucun soucis à ce niveau. J’avais du mal à m’alimenter en courant jusqu’au ravito. Sûrement dû à la fréquence cardiaque plus élevée que sur les sorties longues. J’ai mangé un peu au ravito puis plus rien jusqu’à l’arrivée soit 1h23’ de course.

Vu avec Alexis : je vais faire des essais et essayer de corriger le tir sur les rando-courses prévues ce mois-ci.

J’ai remonté 9 places sur la deuxième partie de courses. Je suis bien hormis dans la montée.

Certes, je suis en lambeaux à l’arrivée. Mais, c’est parce que j’ai pu faire la dernière descendre à bloc ou plutôt au maximum que je pouvais.

Je veux dire que sur la fin je n’ai pas subi. Plutôt positif.

Cette course était vraiment top. Ambiance, organisation, état d’esprit. Ça change des atmosphères autour des terrains de rugby… Je recommande vivement aux Xrunners qui recherchent une course dans les Pyrénées. Pour info, il y a aussi un 44km pour 3700D+.

Sans vous, je n’aurai pas réalisé ce résultat. Vous y êtes pour beaucoup. Merci.

Bertrand