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RECIT DE PHILIPPE HERISSON

Octobre 2015 : Je décide que ma première course 2016 sera le 24km/950D+.Dans l’esprit des cross en athlétisme, ce type de course propose un travail intéressant. Du rythme pour travailler le cardio, des bosses pour fractionner ses efforts, de la pente pour une bonne séance d’excentrique sur les quadriceps et de la boue pour travailler sa proprioception !

Voilà le kiné vous a tout dit, même s’il manque la prose Jean-Claudienne ! Toutefois un imprévu heureux s’est glissé dans ma préparation concoctée par Adrien. Harcelé par des amis (mais je me laisse faire…) , je pars 3 jours à Argentières le week-end précédent pour 3 magnifiques journées de ski de randonnée, la crème chantilly du traileur que je suis. 21 heures d’efforts entre 3000 et 3900 m dont une journée à tracer dans 50 cm de neige ont laissé des traces. Ainsi le mardi suivant, le footing de 45 min dans le parc Suzanne Lenglen est un vrai calvaire !

Puis, jour après jour, les sensations positives reviennent après de bonnes nuits de sommeil. Je me présente au départ de cette course sans pression et avec quelques interrogations sur ma récupération. Au détour je co-voiture Marie-Laure, que je motive et surtout lui enlève toute idée négative sur cette course. Le départ est curieux. Pas de coup de feu, ni de micro…mais en revanche les concurrents partent violemment sur un faux-plat montant qui deviendra une vraie côte près du cimetière. Mon cœur est tout proche des cumulus qui nous surplombent et je me dis que tous ces champions autour de moi sont vraiment trop forts ! Puis vient la course et ses aléas. Sur un bon rythme, j’arrive au ravitaillement que je laisse avec un regard de défiance. Je suis en autonomie avec eau et boisson isotonique que je connais bien. Dès la sortie de ce village, une côte en dit long sur le devenir de ceux qui volaient le long de la côte du cimetière. Ils avaient, sans doute, laissaient leur âme s’envoler….maintenant ils ressentent leur corps. Pour occuper mon esprit, je décide de compter les personnes que je remonte. J’arrête à 50 (en toute humilité !). J’enchaîne, sans faiblir, les côtes et les descentes avec de très bonnes cannes. Dans le M(le maudit) ,je reprends la 3éme féminine sans courtoisie et les 5 derniers km se font sans relâche jusqu’à la dernière descente (800m) qui ajoutera un bon souvenir car Je double Frédéric Rochette que j’encourage. Ainsi nous passons la ligne d’arrivée main dans la main. J’aime bien ces moments partagés. Ils en sont plus forts. Nous retrouvons nos champions d’Xrun à l’arrivée avec de grands sourires et pas de blessures. Mention spéciale à Vincent Fontanille qui finit 5éme en 1h59min,juste énorme.

Je ne peux pas m’empêcher de repenser 2 ou 3 ans auparavant lorsqu’il venait me voir au cabinet pour de multiples séances de kiné. Blessé aux tendons d’Achille et qui avait perdu espoir de courir aux dires du monde médical. De bons soins, un bon protocole, une progression sur mesure, un suivi par Adrien et nous voilà avec un champion ! Allez…. j’arrête là ! Place à l’Ecotrail 30 puis l’Ardéchois fin Avril, mon objectif de mes 51 ans (comme le pastis !)

 

 RECIT DE YVES CADIO

Ce dimanche, je partis à Bouffemont pour faire un « bon entraînement » sans pression en faisant un petit peu mieux que les 2h46 de la reconnaissance (plutôt rapide) faite 3 semaines plus tôt. Le temps était assez frais, météo France annonçait des averses mais je décide quand même de partir léger : tshirt et manchettes. Pour l’alimentation,1 gel et une gourde de 33 cl remplie de boisson isotonique suffiront car avec le temps, j’ai appris que le poids est l’ennemi du coureur. Sans crier gare; le départ est donné (on se demande encore avec Martin comment il a été donné car aucun bruit ou signe n’a été fait). Pour ne pas nous retrouver dans les premiers goulets de la forêt, nous sommes partis à une bonne allure sur cette 1ère partie de course sur une route en bitume présentant un bon dénivelé positif histoire de bien faire grimper le cardio. Malheureusement, dans la foule des coureurs, j’ai assez vite perdu Martin. Le parcours était particulièrement boueux et glissant mais j’avais pris le parti de tirer tout droit, sans chercher à garder les pieds au sec. Très rapidement, un groupe de 5/6 coureurs s’est formé ou chacun se doublait au gré des côtes, plats ou descentes, selon les techniques de course et qualités de chacun.

De mon côté, j’ai géré les côtes en marchant, les mains sur les cuisses. Avec cette technique, j’ai globalement, réussi à doubler mes adversaires mais pas avec autant de facilité que ça. Je me suis aussi retrouvé en difficulté dans 2 grosses côtes au 18ème et 22,5 km (dernière côte en plus SUPER glissante). Cela montre que je dois travailler cet aspect même si pour l’instant je me concentre sur les trails sans trop de dénivelés. Je me demande aussi si je n’ai pas pris mon gel trop tard (15ème) car j’ai eu une sensation de jambes molles et de ventre vite. A revoir…

Par contre, je pense m’être pas mal débrouillé dans 3 aspects :

1) la gestion de l’effort : comme me l’avait enseigné Adrien, je m’étais fixé l’objectif de courir au cardio avec150 puls en moyenne…et j’ai fait 153 🙂 Je pense avoir bien géré les côtes (voir plus haut) et la récupération sur la parties plates…exactement ce que m’a appris Xrun. Je comptais aussi sur ma base de « routard » pour gagner un peu de temps sur les autres concurrents.

2) la trajectoire : je trouve que globalement, par rapport aux coureurs « route », les trailers ne font pas assez attention à leurs trajectoires. Sur route, surtout sur marathon, on anticipe tous les virages et obstacles pour dépenser le moins d’énergie possible. En faisant un peu attention, tu peux doubler un concurrent, faire moins d’efforts…et de kilomètres….exactement ce qui s’est passé aujourd’hui

3) les descentes : je me suis trouvé des facilités et pris du plaisir dans ce secteur de la course. Encore une fois, merci aux entrainements Xrun..

Au final, 39ème au scratch et 15ème V1, c’est pas mal pour une course qui ne constituait pas un objectif majeur. Le Maxi Cross est vraiment une super course : ambiance, accueil, parcours, balisage, ravitos (notamment à l’arrivée). Il faudrait juste qu’ils ajoutent des vestiaires et une consigne pour les sacs pour que ce soit parfait. Elle s’inscrit parfaitement bien dans une préparation de début d’année, pour l’Ecotrail notamment. En plus, nous étions un bon groupe de Xrunners qui ont tous performés et pris du plaisir sans se blesser. Quoi demander de plus ?

Donc l’année prochaine, j’y retourne 🙂

 

 RECIT DE MARIE-LAURE TOUJOUSE

Il était une fois une traileuse en mode « reprise » (ce récit a été réalisé sans trucages mais avec quelques touches humoristiques). Tout a commencé en novembre, ou l’on a décidé de s’inscrire avec Sam, à ce fameux MaxiCross de Bouffémont , comme substitution au trail blanc de Serre Chevalier (que nous avions annulé car trop compliqué d’accès). Samedi soir, je découvre le parcours précis par le biais d un ami qui fait aussi ce trail : je visualise les cotes, je bloque un instant, mon esprit me dit « Au secours ». Face à la difficulté du trail, fatiguée, pas du tout préparée ni en condition pour le faire, j hésite …et interroge notre  super coach Fred (et oui car les conseils du coach sont primordiaux). Entre temps, Philippe alias « le kiné magicien », me confirme qu il peut me récupérer chez moi… Bon, c’est un signe , je me lance dans le trip, on verra bien…

Arrivée dans la foule des traileurs, ca y est c est le départ (enfin, j’en déduis rapidement que c’est le départ car je vois les runners partirent…) comme le signale Yves et Philippe aucune alerte n’a été donnée par les organisateurs. On démarre sur du bitume, et commençons directement par ??? devinez quoi? des cotes !!!  (ce mot risque d’être répété de nombreuses fois lors du compte rendu ). 5km au compteur, je souffre beaucoup, c’est difficile, la boue accentue l’effort …mon mental commence à s’évanouir. Deux amis à moi me sautent dessus et me transmettent leur euphorie, quelques fous rires après, je retrouve mon mental ! Je continue avec l’esprit joyeux et libéré. Contrairement à mes habitudes, je décide de ne pas du tout regarder ma montre, de ne pas écouter de musique et de courir à mon rythme sans pression, sans penser à un fichu chrono ! Ma priorité est de m’imprégner des sensations en tout simplicité.(« on ne peut pas faire de miracles lors d’une reprise » : phrase de sagesse de MLT). Je vois Karine devant moi, cela me rassure , nous faisons un bout ensemble, on se perd , on se retrouve puis arrive une immense descente!! ah là c’est le piedddddddddd!!

Je suis dans une bulle d’euphorie, je fonce  !!! Comme cette sensation est bénéfique, j’ai l’impression que cela efface toutes les vilaines cotes passées et la boue qui va avec. Je suis vite rattrapée par la réalité, mes copines « les cotes » arrivent de suite derrière car le trail c’est comme la bourse ça monte, ça descend et ça recommence… Je ne m’arrête pas au ravito, j’ai tout ce qu il me faut dans mon sac … Depuis une dizaine de minutes, le groupe de runners avec lequel je me retrouve depuis quelques km, me parlent d’un « M » , je pense qu’il s agit d une blague car ils ne cessent de rigoler (mais c’était un rire nerveux) nous arrivons devant l’obstacle! et oui on parle d’obstacle comme le disent des amateurs du Mud day (dont je fais partie) … Je me demande ou sont passées mes cuisses, je sens des douleurs fortes dans les ischios  mais je reste ultra positive « cool je travaille mon renforcement musculaire ». Je me sens à l’aise dans les descentes, je n’ai pas peur de glisser , mes saucony accrochent vraiment bien et je sens que j’ai de bons appuis (comme appris en training avec Fred). Je continue à mon rythme tout en ayant l’impression que mon corps et mon mental comprennent que finalement, les cotes ne sont pas insurmontables tant qu’on y va à son rythme. Le soleil est là, c’est agréable.

Vers le 18ème km, on nous annonce qu’il y a 2km de plat, bizarrement je sens encore plus la fatigue et les douleurs aux ischios, je dirais même que les cotes me manquent un peu …. Cette phrase m’étonne moi même mais c’était la sensation du moment (ps : si je redis ça lors d’un training le samedi c’est qu’il y a un problème donc  étape 1) prenez ma température étape 2 )demandez moi ce que j ai fais la veille étape 3 ) vérifier que c’est bien moi (on ne sait jamais si j’ai une sosie). Puis, une « bénévole » annonce qu’il ne reste que 750m, je lui demande si c’est une blague? (étant moi même adepte de blagues douteuses)  je suis très étonnée , même si je suis HS et pressée d’arriver, je ressens de la joie d’avoir déjà fait tout ce parcours avec ce dénivelé dans la boue. Comme à chaque trail, j’accélère à la fin , histoire de doubler définitivement les garçons avec qui je mixais : les dépassements dans les descentes et eux me dépassaient dans les cotes…(petite victoire de nana). Je passe cette ligne d’arrivée , mais pas comme n importe qui!! et oui j’ai le droit à une standing ovation des Xrunners ! What’s else?

Encore merci pour ce fabuleux accueil!

Finalement , le trail est toujours un moment particulier , une libération, une source d’ apprentissage illimitée, mais surtout un partage d’émotions fortes…

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