Le Jour d’après.
Comment se sent-on le jour d’après ?
C’est une question qui revient très souvent dans la bouche de ceux auprès de qui on se pavane en racontant NOTRE Marathon.
C’est devant une assemblée de non-sportifs; la famille,les collègues; qu’on se vante le mieux. Ils sont ignorant en matière de running et de Marathon, Ils ne connaissent pas grand chose si ce n’est quelques extraits télévisuels, parfois le nom du vainqueur, parfois que c’est un kényan ou un éthiopien et que même la première femme arrive devant le premier Français.
Ceci dit, on peut donc se lâcher sur la débauche de détails croustillants pour agrémenter notre récit de MARATHONIEN. Parce que OUI, on est MARATHONIEN et on est fier de l’être. Je dirais même que notre fierté est inversement proportionnelle à notre chrono ou à la douleur endurée.
Douleur… pour en revenir au jour d’après.
En fait, très sérieusement, le jour d’après je suis étonnamment bien. à part quelques tiraillements ici ou là, quelques raideurs sur les cuisses et c’est tout. Une nuit de sommeil a suffit à tout effacer ou presque.
J’avais pourtant récupéré très vite après l’écotrail, il y a moins de 15 jours; mais là; je suis vraiment étonné. Serait-ce le signe que je ne me suis pas donné à fond pour courir ces P….n de 42km195 ? Je ne sais pas vraiment répondre.
Hier quand les premières douleurs ont été vraiment très présentes au point de m’obliger à marcher, j’avais l’impression d’avoir tout donné.
Après tout on s’en fiche. Ce qui compte au final, c’est la préservation de mon capital « intégrité physique ». Je dois avoir un chromosome dédié à cette fonction car, heureusement pour moi, j’ai cette capacité à lever le pied avant d’avoir basculé du côté obscur, ce qui fait que je termine très souvent mes courses dans un état de relative fraîcheur. Je ne sais pas aller au-delà de la douleur, si j’ai mal, je ralentis, je marche.
Force ou faiblesse ?
je ne sais pas le dire précisément, hier, comme pendant l’écotrail d’ailleurs, jamais je n’ai été dans le rouge au niveau cardio ou respiration. la seule chose qui m’a dérangé c’est la douleur aux adducteurs. Moins sensible en marchant mais dès que je courrais de nouveau, ça revenait.
Bon, on va arrêter de se plaindre.
L’unique chose qui vaille, c’est de se souvenir des bons moments, se souvenir des larmes qui coulent quand on franchit la ligne d’arrivée. Se remémorer tous les encouragements de la foule massée de chaque côté, les sourires des bénévoles et de leurs paroles réconfortantes.
Du marathon et de la course à pied en général, c’est avant tout le plaisir de l’avoir fait qui me porte et être capable d’aborder chaque nouvelle étape avec de l’envie et du désir.
J’ai encore en tête les visages souriant de tous ceux qui se sont alignés sur la ligne de départ, il me suffit de fermer les yeux et presque à chaque fois que quelqu’un m’a encouragé j’arrive à mettre un visage dessus. Quel bonheur de taper dans la main des enfants sur le bord de la route, quel bonheur de partager avec quelques milliers d’autres cette passion commune.
Quel bonheur, le lundi matin de venir au boulot avec son T-shirt de finisher et sa médaille et de se pavaner à la machine à café.
Pour cette fois-ci, pas de récit kilomètre par kilomètre, pas de temps de passage, pas de « j’aurais pu faire mieux » ou « je refais l’histoire ». Non, aujourd’hui, le jour d’après, c’est juste du bonheur que je veux partager.
Juste envie de dire que courir, qu’est-ce que ça fait du bien, ça me rend heureux et fier d’être un Xrunner.

PS : J’adore mon plan entrainement d’Avril qui commence par « Séance 1 : Repos ». Comment ne pas respecter les consignes du coach après ça ?

Pascal