Je partage avec vous mon expérience vécue sur le MDP 2016. Je n’ai pas écris de CR sur mon eco trail 50km car une seule phrase suffisait : ma meilleure course niveau sensation, gestion de l’effort, et un pur plaisir ! Sans oublier, la découverte du mur des 30km ! Revenons à ce Marathon, totalement imprévu ! Je n’ai jamais eu envie de run un marathon mais comme on dit il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis ! Depuis fin 2015, je vis des moments très très difficile au niveau familial (avalanches de mauvaises nouvelles), du coup, j’avais besoin d’évasion donc je me suis dis « tiens, pars faire une promenade sur le marathon de Paris » J’en parle à notre super coach Fred, il n’est pas vraiment ok mais j’argumente en promettant d’être tranquille,  de run tranquilou ,de faire attention et surtout  ne pas me blessée  car la marathon race arrive à grand pas !! Entre temps, c’est le 1er avril, j’en profite pour faire une bonne blague ahah

Quasiment  un jour avant , je récupère un dossard mais pas n’importe quel dossard : SAS 3H. (celui de David ). Je n’avais aucun stress puisque je partais dans l’esprit d’une  grosse sortie longue , le plaisir de courir et d’être finisher…Mais le naturel revient toujours au galop , c’est du plat, je commence à me mettre la pression sur la prévision d’un chrono … Gros coup de stress le samedi soir, j’ai peur de partir dans le sas des 3H, mais après coup, je me dis que toute façon quelque soit le sas, je partirai à mon rythme (1er leçon apprise chez xrun ). C’est le Jour J, j’arrive sur les champs, je suis incroyablement surprise par le nombre de runners, je n’avais jamais participé à une course aussi immense ! Je m’échauffe un petit peu, et je rejoins mon SAS. Le runner aime se rassurer avant la course : en attendant le départ, je discute donc avec quelques coureurs, certains me disent qu’ils ont passé  3 mois voire beaucoup plus pour se préparer de manière intensive no stop, ils sont au top et impatients d’ arracher un chrono de moins de 3h ! Moi, je n’ai aucune préparation, je n’ai jamais fais de marathon et en plus j’ai un dossard au nom de david (fou rire général). Je profite de ces quelques minutes pour observer cet environnement méconnu pour moi : je pourrais synthétiser cela par une cage aux lions. En effet, je sens une pression immense dans ce sas !!!

C’est le départ, premières foulées, je me sens très bien, du coup je vise un chrono de 4h (10.5km/h de moyenne cela ne doit pas être compliqué c’est du plat) ahah comme j’ignorais  de ce qui allait m’arriver sur cette course, à ce moment précis… Je reste proche de mes « racines », en effet, je run à coté d’italiens qui semblent réglés comme des robots à 10km/h, donc je reste avec eux. Le soleil tape déjà , je regrette de ne pas avoir mis un short… J’entends un « aller Marie-Laure » et je reconnais « Yves ». Je vois des dizaines de runners qui doublent, qui bousculent parfois violemment, moi qui pensais me retrouver seule en courant à mon rythme, j’en oubliais le sas suivant de 3h15 ahah,  je suis perturbée par le nombre de coureurs autour de moi et la foule autour qui nous encourage no stop « bravo bravo » (merci mais on vient de faire à peine 2km lol). Bref, je passe les 10premiers km en à peine 1h, idem sur les 10 suivants, je me sens en forme, confiante sur mon objectif des 4h, les sensations sont top, je ne vois aucun nuage ni obstacles sur cette course, je n’ai que des bonnes sensations… Je  bois beaucoup d’eau mais je ne mange rien… J’ai très chaud d’un coup, je recharge mes flasques (oui je suis partie avec mon sac, traileuse un jour traileuse toujours hihi). Au 24ième km, je sens des douleurs soutenues au ventre, je vous épargne les détails (Dieu merci je trouve enfin des toilettes) , 20min immobilisée, j’ai la tête qui tourne, je repars puis comme ci cela ne suffisait pas, je vomis quelques mètres plus loin…bref le début du cauchemar ou plutôt de l’enfer.

L’idée d’arrêter ne me vient pas (allez savoir pourquoi ? ), je me sens vraiment mal…j’enlève mon tshirt, je m’asperge d’eau, cela me fait un bien fou, je repars très lentement, quelques minutes après je croise Jean Guillaume qui , comme d’hab me donne la pêche et trouve que j’ai l’air en forme (la blague) , il me filme donc je ne peux pas raconter mes périples, je fais bonne figure. Enfin, cela ne dure pas, au 32ième km, mon corps reprends le dessus ,les vomissements repartent de plus belle…chaque foulée est un calvaire pour mon ventre donc je n’ai pas d’autres options que de marcher ! Marcher sur du plat, alors que mes jambes et mon cardio n’ont aucun problème !! très très dur épreuve pour le mental mais mes intestins ne veuillent définitivement plus de secousses, je dois marcher et ce, pendant encore 10km ! Je n’ai rien avalé, à part de l’eau depuis mon peti dej à 6h du mat, est ce la raison pour laquelle mon corps me le fait payer ? Je ne sais pas… En tout cas, je suis dans une bulle, je marche, dépitée sur le moment par le chrono que j’ai perdu depuis ce 24ième km et très enervée par ce problème d’intestin qui a tout gâché, ce n’est pas que le chrono mais toutes les bonnes sensations que j’avais sur la course qui s’envolent snifff. Malheureusement cette fin de parcours est un dur moment pour beaucoup ; abandon, secours et pompiers qui interviennent en voiture sur la course L

Mais Je finis tout de même cette épreuve avec le sourire pour 3 raisons :

1) Je vais pouvoir ramener ma médaille à mon papa

2) Je ne me suis pas blessée, je n’ai pas eu de problèmes musculaires donc  j’ai respecté le deal avec le coach J

3) J’ai atteins mon objectif : le doublé eco trail 50km et le MDP en 15 jours

Quelques  jours sont passés, je me rends compte que cette course m’a beaucoup plus appris que ce que je pensais.  Une course est une page blanche au départ, les obstacles sont là pour être braver,  et les émotions vécues tout au long, en font de belles expériences , si enrichissantes… Il y a un an, si j’avais tenté ces deux courses, je suis presque certaine que je n’aurai pas été finisher car je serai partie trop vite et donc je me serai grillée au 20ième voire 10ième km. Les trainings, les échanges  avec le coach et entre nous  » les xrunners » , sont bénéfiques pour moi en temps que « babytraileuse » . Grande passionnée  des récits d’aventuriers je citerai cette fois une phrase de MIKE HORN, qui colle parfaitement avec  mon CR du MDP : « Je possède d’inépuisables réservés d’énergie et de volonté, seule l’expérience me fait défaut, dans cet environnement ou tout est nouveau pour moi »