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Lozère Trail 25 km, 1100 m D+, le trail plaisir
Le Lozère Trail pour ma femme et moi représente beaucoup. C’est parce que l’on passait un week-end dans le coin que j’ai lâchement profité pour « ambiancer » Madame pour essayer le petit 14 km, elle qui n’avait couru que des 10 km sur route. Nous n’avions même pas de chaussures de trail adaptées. C’était en 2013. Il pleuvait des cordes et la boue était partout. On ne s’en est jamais remis. Une joie vissée sur nos visages humides. Le virus que vous ne connaissez que trop bien non ?
Cette année, c’est la 4ème fois que nous venons et la 3ème avec une bande de traileurs parisiens qui grossit à vue d’oeil, quand on partage notre enthousiasme, autant pour la région magnifique que pour le trail.
Pourquoi ce trail ? Même si on est toujours attaché au côté « anniversaire », ce n’est pas que ça qui nous ramène dans le très joli village de Chanac, tous les ans, à la Pentecôte. Je suis totalement amoureux de la région, de la vallée du Lot, des gorges du Tarn, des Causses. Ce paysage de vallées encaissées et de plateaux est d’ailleurs ce qui fait que j’adore aussi un paysage très similaire, qui n’est pas si loin à vol d’oiseau, l’Aveyron du côté de Millau. Je pense d’ailleurs que le Lozère Trail donne une excellente idée de la variété des terrains qu’offre le Festival des Templiers. A bon entendeur.
Mais cette année, le Lozère Trail n’est pas dans mes objectifs. J’ai fait l’ancien 45 km en 2014, première fois que je dépassais une distance de 30 km, puis le 52 km en 2015. A savoir que le 52 km est la deuxième étape de l’Ultra qui se fait sur 2 jours. Sur l’Ultra, c’est 2x54km. Cela permet d’optimiser l’organisation. Mais je fais partie de ceux qui regrettent le 45 km, extension du trail originel de 25 km. Précisément, c’est ce 25 km d’un superbe parcours dans la vallée du Lot que j’ai décidé de faire, pour accompagner mon épouse. Celle-ci veut prendre sa revanche sur le 52km qu’elle avait du abandonner suite à une blessure. Alors plutôt que de l’attendre raisonnablement, sans courir, avec un objectif dans 2 semaines, je me suis dit que j’allais en profiter pour faire ce parcours que je n’avais pas encore testé.
Notre coach Fred étant au courant, c’est dans mon programme. A condition de rester raisonnable et de ne pas prendre de risque.
Au final, je connais déjà les 17 premiers kilomètres et la chouette partie dans la grotte des Baumes, puisqu’ils étaient communs avec l’ancien 45km. Je sais que l’on avale la moitié des 1000 m de D+ sur les 8 premiers kms. Et que l’on est vite dans un single où il est impossible de doubler. Mais je suis au départ avec 3 amis, dont 2 sont en préparation d’un triathlon et comptent aussi courir tranquille. Je ne me méfie pas et me retrouve vite ralenti. Bah ce n’est pas grave. A la première montée à plus de 25 %, je suis déjà beaucoup moins gêné 🙂
Mon objectif est simple. Pour une fois, en course, j’ai mon cardio. Et je me fixe de rester au maximum à 85% de FCM. Dés que je dépasse, je ralentis ou je marche en montée. Je m’impose aussi de relancer dés que je peux et d’accélérer dans les descentes les moins techniques. Comme une bonne séance à St Cloud avec Xrun. Et le terrain est idéal pour ça.
Après les premiers km de montée, on est sur le Causse, un plateau valloné mais bien roulant jusqu’au 12ème km. Le soleil est déjà bien présent mais ça va. Le vent me rafraichit. Les passages en dévers rocailleux sur le flan du Causse offrent toujours cette vue à 360° sur la vallée du Lot. 4 fois que je viens ici et je suis toujours à dégainer mon appareil photo devant une telle beauté majestueuse. J’ai la « banane ». Dire que j’avais envisagé de ne pas venir. Pas une seule fois je ne suis dans le dur sur toute la course. Même quand les montées présentent des pentes « murales » et des restes de boue d’une semaine de pluie. Mon esprit passe de focus sur des micro-objectifs, une habitude, à de la pure contemplation d’être simplement là. Je ne vois pas le temps passer.
Je sais qu’au 12ème, j’ai 5 km de descente vers le ravito du village des Salelles. Et je sais qu’il y a du bon gros dénivelé négatif à -30% par endroit. Avec des pierriers bien casse-gueule. Mais contrairement à il y a deux ans, certains passages sont désormais équipés de cordes. Décidé à ne pas avoir de regret sur mon engagement dans les descentes, je me fais quelques frayeurs en glissant et tombant dans les cailloux. Mais rien ne va gâcher mon humeur.
Arrive enfin le village. Je passe le petit pont de pierre que j’ai représenté sur ma médaille de la mythique course Marvejols-Mende (Marvejols est à 15 km). Je suis dans le même temps qu’il y a 2 ans, à quelques minutes près, donc j’ai vraiment été tranquille. Au ravito, je refais le niveau de mes bidons. Il fait quand même assez chaud et depuis mes mésaventures de l’été dernier, je préfère prendre de le temps  de repréparer tout : pastilles d’électrolytes et boissons énergétiques. Un morceau de fromage, de pain d’épice et de banane plus tard, je sors les bâtons pour m’économiser et je repars.
Je sais qu’après ça m’attendent 450 m de D+ en deux phases. Fidèle à mon habitude, j’affiche l’écran altimètre et je prends mon mal en patience jusqu’à ce que ma Suunto affiche 950 m. La boue s’invite dans un single qui doit bien taper dans les 30% de pente. Des mamies, sur la rando organisée par le trail, sont en galère en essayant de la descendre. Tous les amis qui ont déjà fait ce parcours m’ont mis en garde contre la grosse côte après le ravito. Mais je la vis étonnement bien. Je ne suis plus le même traileur dans ce genre d’exercice. Tout mon travail de gestion paie. Arrivé en haut de la deuxième partie,  j’ai repris beaucoup de gens qui n’ont pas de bâtons. la plupart sont cramés. Moi je relance comme si je venais de faire un footing d’échauffement. Avec le « smile ». Un an pile que je suis chez Xrun et je souris béatement quand les autres coureurs supposés du même niveau tirent la langue. Un coup d’oeil sur le profil me montre que c’est quasiment fini pour la montée. Ca va descendre sur au moins 3 km. Alors on lâche tout pour ne pas avoir de regret. Ok je suis à l’économie mais ce n’est pas une raison pour ne pas essayer de prendre quelques places.
A un moment, je me dis que je pourrais me fixer un moins de 3h30, que je sais être la médiane du classement chaque année, mais non. Impossible à ce stade. Too Late !!! Oui, Fred, je sais ce n’était pas le but. Mais au fond de moi, je sens que j’aurais pu aller le chercher si j’avais moins « glandé » sur la première partie. C’est rien de le dire que je finis au sprint à l’arrivée dans Chanac, avec un public plutôt chaud. Sympa.
Je finis 183ème sur 316, pas si mal pour une sortie longue. OK, la star de l’épreuve Yoann Stuck, venu disputer le challenge par équipe avec la Team Adidas, a mis 2h06 et il est 2ème. Il manquera 2 point à sa team pour l’emporter, malgré la victoire de Maud Gobert sur l’ultra.
Ma chérie termine le 52 km quelques heures plus tard. Très émue. En me disant qu’elle a plus souffert là que sur le Grand Trail des Templiers. On s’était dit qu’il fallait que l’on change un peu et que l’on irait plutôt en Ardèche l’année prochaine. Mais bon, un chrono sur ce magnifique 25km, je ne dis pas non. Elle non plus. Sinon il y a aussi la seule épreuve que l’on n’a pas encore couru, l’Ultra en 2 étapes. On est tombés amoureux et l’attachement à ce trail ne fléchit pas depuis. On a l’impression d’être à la maison sur cette course.
Un truc qui me rassure, c’est l’examen de ma courbe de cardio. D’habitude je vois clairement le fléchissement en fin de course. Mais pas là 🙂 Objectif de travail atteint en plus.
Allez, dans 15 jours c’est le départ pour la superbe île de Faial et l’Azores Trail Run 48 km, 2000 m D+, un parcours que j’ai fait partiellement en off cet été. Encore de quoi s’en mettre autant dans les pattes que plein les yeux.