Sans titre

Après la Saintélyon l’année dernière, je me suis juré de faire gaffe à choisir des objectifs de mon niveau, c’est à dire que je ne finis pas complètement cuit. Après tout, à l’époque, je ne cours que depuis 2 ans et demi. Mais j’ai du oublier cette promesse le jour où je décide d’accompagner 2 amis sur le Grand Trail des Templiers, avec pour seule ambition d’être juste finisher de cette épreuve mythique. Un bref examen sur les barrières horaires et la technicité du parcours, sans oublier la lecture de nombreux récits sur des blogs ou des magazines, ont fini de me convaincre que je venais de prendre un dossard un peu trop grand pour moi. Mais j’ai toujours avancé dans ma vie en sortant de ma zone de confort, avec des objectifs à ambition croissante. Je décide de me donner les moyens de me préparer à gravir ce nouvel échelon. Et si possible en arrêtant mon cycle infernal « sur-entrainement – blessure – kiné », même si celui-ci est considérablement atténué en 2015.

Je rejoins XRun Trail pour avoir un suivi plus personnalisé et surtout entièrement centré sur le trail. On est en juin, j’ai couru mon premier marathon en Mars et fait 2 trails de 40 et 52 km depuis. Je sens qu’il faut que j’apprenne à gérer un trail comme j’ai appris à gérer une course sur route. Sauf que cela fait appel à beaucoup plus de paramètres. Tout y est plus complexe : la technicité du terrain, la gestion de l’hydratation et de la nutrition, les différences d’allures, l’alternance marche-course, le matériel …

Ma préparation avec Fred m’a un peu déstabilisé au départ. J’ai cru que, comme avant, j’allais « bouffer du volume à basse intensité » pour apprendre à gérer une « sortie longue » de plus de 12h. Avec Fred, je travaille toutes les filières et les intensités toutes les semaines : VMA, seuil, côte, PPG, vélo et une sortie longue ne dépassant jamais les 3h. Pas mal de travail sur la fatigue mais pas de rando-course de 6h. Mes doutes s’estompent un peu quand je fais l’Alesia Trail 34km, que j’ai déjà fait 2 fois. Je finis à peine à 3 minutes de moins que l’année dernière mais dans un état de fraicheur qui n’a rien à voir. Je n’ai même pas chercher à forcer vu que ce n’est qu’un trail de prépa. J’ai gardé les Templiers à l’esprit tout le long. Les Templiers … dans à peine un mois.

La veille du jour J, j’ai la chance de retrouver Fred, qui est à Millau pour l’Endurance Trail. Il me rassure et me rappelle la base : ne pas trop forcer au départ. La plupart des coureurs inexpérimentés partent toujours trop vite. Je suis son conseil le lendemain à 5h du matin. J’enrage un peu quand je constate qu’à la première montée, après seulement quelques kilomètres, je suis totalement arrêté dans un bouchon. J’aurais du me dégager et Fred m’a dit que je pourrais doubler dans cette côte, ce qui est peut-être vrai en sas élite mais pas vraiment pour le milieu de peloton. Avec le recul, et même si je me plains des bouchons jusqu’à la fin du parcours, je constate une chose, écouter mon coach a payé. Certains de mes amis, de niveau équivalent, avaient près de 30 mn d’avance au premier ravito et ont conservé cette avance jusqu’au 55ème km. Au final, j’arrive à peine 2mn 30 derrière eux, en sentant que je ne suis pas complètement au bout du rouleau et en ayant pris le temps de prendre une trentaine de photo. Je n’avais jamais géré un trail comme ça. Quasiment 1h d’avance sur toutes les barrières horaires qui me faisaient si peur. Alors OK, les bouchons. OK mon temps de 14h40 n’a rien de mirobolant. Mais l’objectif est plus que rempli. Je suis finisher des Templiers. Et ça me donne confiance pour mon prochain objectif, le dernier issu de ma période « n’importe quoi », je me le promets : l’Ultra-Trail d’Angkor au Cambodge, en janvier. 128 km très plat mais dans le sable, l’eau et je ne sais quoi d’autre. Bien sur, là encore, je veux juste finir et le faire en mode touriste avec mon épouse. Pour la suite de ma progression réelle avec XRun, je redeviens « raisonnable » et progressif avec, en mars, le Trail des Citadelles, 40km (trail pyrénéen très boueux que j’ai déjà fait en 2015), la Marathon Race à Annecy en mai, avec une partie de notre groupe XRun, et l’EDF Cenis Tour de 77 km en juillet. Et qui sait, peut-être que je reviendrai à Millau, peut-être pour l’Endurance Trail de 100km. Mais chut, je n’en ai pas encore parlé au coach.

Allez faire un tour sur son blog : www.endomordun.fr