L’Ardéchois – 57 km – 2400D+   30 Avril 2016

Décembre 2015. « Bon, tu veux quoi pour Noël ? » me demande ma famille avec insistance. Rien….rien…J’ai besoin de rien….Ah ! … Si…Je ne suis pas encore inscrit mais j’aimerais bien m’inscrire à une course. Et hop ! Voilà comment se retrouve-t-on avec un objectif malgré soi….Enfin….. Pourquoi l’ardéchois ?

C’est une course historique puisqu’elle fait partie des 4 « mythiques » en France qui ont contribué à la naissance du trail (Les templiers/6000D/Saintélyon) et puis j’en avais toujours entendu beaucoup de bien.

Après une préparation sur mesure débutée en Janvier avec Adrien comportant 4 séances hebdomadaires et des objectifs intermédiaires tels que du ski de randonnée, le trail de Bouffémont et l’Ecotrail (version 30 km) pour valider de bonnes séances. J’ai même rajouté dans mon plan une semaine de grippe en Février ! Je l’ai faite et bien faite !

Vendredi 29 Avril. Je pars en voiture en direction de l’Ardèche avec le projet de m’arrêter sur une cave de Saint-Joseph conseillée par un ami. Un traileur a le goût de la vie, ne l’oublions pas ! Quelques caisses de vin plus tard, me revoilà sur les routes sinueuses en direction de ma chambre d’hôte. Une maison du 16éme plantée au milieu de 38 hectares de forêt ! Un très bon accueil et une invitation à dîner un plat digne de veille de course car un membre de la famille court aussi. Avant de compter les moutons, je prépare mon matériel comme à l’accoutumée. Ah, j’oubliais une remarque mystique. En me promenant sur ces 38 hectares, j’ai réussi à marcher dans la merde de leur chien ! 1 merde sur 38 hectares…..ça sentait bon les lendemains qui chantent….

Samedi 30 Avril.6 heures du matin. Réveil studieux .Préparation et petit déjeuner autour de mon gâteau-sport fait par ma fille Camille. Tout est en place pour partir doucement en voiture vers le village de départ. Je me sens bien et heureux de retrouver des distances et D+ qui vont me permettre de sortir de mon périmètre de confort.

Le départ est donné à 8h avec une très bonne ambiance conviviale. Il fait frais, environ 2 °. Pour étirer le peloton , nous faisons 2 fois le tour du village de Désaignes et le chronomètre est lancé au 2éme tour donc je vous confirme que nous avons fait plus de 57 km !!

Pendant ce temps le boucher du village est à la manivelle depuis 4 heures du mat. Et oui, il y a une tradition sur cette course. Ils conservent au congélateur un traileur non finisheur de l’année précédente ! Bon appétit ,m’ssieurs dames… Un bœuf entier à la broche pour nourrir les finisheurs…..

Un autre évènement va me demander de l’adaptation.2 courses partent ensemble, le 57 km et le 36 km. Donc il va falloir surveiller ses allures pour éviter le piège du « trop rapide ».J’ai pris le temps de repérer le relief de la course qui présente 3 ascensions et donc l’idée (très originale) est d’arriver avec du gaz au pied de la dernière.

Je pars sur un rythme mesuré alternant course et marche selon le pourcentage du terrain car la première difficulté démarre tout de suite. A ce stade, l’expérience compte beaucoup car l’euphorie emporte beaucoup de coureurs. Puis au bout de 30 minutes, ma montre rend l’âme faute de batterie chargée. Incroyable, j’avais pourtant validé ce chargement à Issy. Au contact de sa boîte elle a due lentement se mettre en marche et se vider. Mais je ne me sens pas très ému. Je vais donc faire une course aux sensations, sans repère connecté.

Sans titreNous passons sur la voie romaine des vestiges de Rochebonne. Le terrain est très technique. La descente se fait à allure de la montée mais le site est exceptionnel. C’est le moment des photos.

Je me sens bien, relançant dans les faux plats montants et assurant ma technique de descente en multipliant les appuis. Du Xrun dans le texte ! Km 23.7.3h11min.Je suis dans l’objectif de 8 heures. Premier ravitaillement. je remplis mon camelbak tranquillement en mélangeant ma poudre isotonique et je repars vers la 2éme difficulté déjà bien entamée. Les paysages sont superbes et le temps se couvre comme annoncé au départ. C’est le moment d’avoir des copains de course car je retrouve à ce stade des coureurs de mon niveau. Mais sur quelle distance sont-ils ?

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Cette partie moins pentue me permet de garder un bon rythme et de remonter des groupes de coureurs jusqu’au 2ème pointage qui représente le point de séparation des 2 courses. Sur cette portion ma moyenne est passée de 7.42km/h à 8.58 km/h. J’ai beaucoup de plaisir à progresser dans un paysage rêvé pour des traileurs. Je m’aperçois alors que beaucoup tournent à droite pour une descente directe vers l’arrivée. Moi, je tourne à gauche….avec quelques coureurs épars devant moi. Je m’amuse à les récupérer très progressivement dans des sous-bois sous la pluie et le froid qui s’installe. Je prends le temps de m’hydrater et de m’alimenter car je sais bien qu’une grande partie se joue sur ces facteurs. Je sais que les conditions météo qui se durcissent me sont favorables. Je déteste la chaleur et mon organisme aussi. Je cours souvent seul en suivant le balisage .Je sens petit à petit un peu de fatigue dans les descentes mais j’arrive au 3éme ravitaillement au pied la dernière difficulté sans être entamé. Je prends le temps d’évaluer mon camelbak que je remplis qu’à 50% et de m’hydrater à plusieurs reprises. J’échange quelques infos avec les bénévoles qui , pour une fois, s’avéreront justes !

Je repars avec un groupe de 7 à 8 coureurs vers la difficulté majeure de ce parcours.800 mètres droits dans le pentu et je suis devant. Je pousse le cardio cette fois-ci car une fois au sommet, il suffira de descendre vers l’arrivée. Je me retrouve avec un coureur avec lequel j’échange quelques plaisanteries (très original !) du genre : « Ne laisse pas un vieux tout seul dans la montagne, viens avec moi ! »Mais sur un tronçon facile, un balisage défectueux à hauteur de bruyères nous fait rater la bifurcation. Quelques minutes plus tard, nous faisons demi-tour comprenant la situation.  Nous sommes dans une alternance climatique : de la grêle ou de la neige ! Un peu assommé, j’accuse le coup quand je vois devant moi tous ceux qui étaient derrière. Mais finalement je reviens vers eux, sans doute, un peu trop rapidement. C’est une partie difficile où parfois j’utilise les mains. Mais je me trouve au sommet avec ce groupe qui s’éparpille peu à peu. Sur un faux-plat interminable, je m’accroche car clairement les girophares sont allumés !mais les autres ne vont pas mieux. Nous ne sommes plus que 4 dans la dernière descente de 4 km après avoir rattrapé d’autres coureurs. J’essaie de garder une foulée digne d’Xrun mais je sens la dégradation de celle-ci sous la fatigue de mes quadriceps qui sifflent. Les autres coureurs , en HOKA, dévalent sans réfléchir confiant leur squelette à leurs chaussures amortissantes. Quel gâchis !J’ai encore la lucidité d’une étude biomécanique !

Je termine en traversant un petit pont avec cette saveur toujours agréable de passer la ligne d’arrivée en 7h30 min.84 ème et 9ème V2.

30 minutes de moins que prévu car je n’ai jamais eu de « coup de moins bien »

J’ai pris beaucoup de plaisir car j’étais bien préparé. Merci Adrien .

J’ai pris beaucoup de plaisir car je rêvais depuis 5 ans de revenir sur du terrain montagneux. Merci mes genoux.

J’ai pris beaucoup de plaisir car c’est une belle course au beau parcours. Merci aux ardéchois.

Maintenant je cours déguster un verre de Saint-Joseph à votre santé !