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I.U.T 06/02/2016 20h
Nous étions 700 pour cette première édition de l’Issy Urban Trail dont environ 80 alignés sur le 36k en solo. L’Issy Urban Trail, comme son nom l’indique est un « Trail urbain ». Entendez par là que c’est une course en ville, donc essentiellement bitume, agrémentée des quelques difficultés que peut offrir une ville. C’est à dire, essentiellement des escaliers, des traversées de parcs et jardins sans éclairage, beaucoup de changement d’appui sur les trottoirs avec les bateaux et quelques petites montées pas bien méchantes mais assez cassantes pour certaines. Le décor est posé. On est loin du maxicross de Bouffémont, de sa boue et de son dénivelé qui lui se déroulait le lendemain; mais on est dans une configuration de course plutôt atypique et que j’ai trouvée intéressante sur plusieurs points.
Pour commencer, la distance. 36km en 3 boucles de 12km.Comme je prépare les 50km de l’écotrail de Paris, à environ 2 mois c’est une distance qui s’inscrit parfaitement dans le plan d’entrainement. Ensuite, les 3 boucles de 12km. La principale difficulté avec les courses qui font des boucles, c’est de gérer la monotonie de la répétition. Il faut donc débrancher le cerveau pour éviter de compter les tours. D’un autre côté, l’avantage des boucles est qu’on repère très vite les difficultés et les parties où on peut relancer et se refaire une santé. Pour terminer, c’est une course nocturne, et qui dit course nocturne, même en ville, dit moins de lumière et même dans les parcs des passages complets sans éclairage. Il faut donc faire attention à ses appuis, aux racines et aux dos d’âne. A l’entrée du parc Jean-Paul 2, j’ai vu pas moins de 3 coureurs tomber car ils n’avaient pas vu un petit dos d’âne. Chutes sans gravité, mais chutes quand même avec mains coudes et genoux râpés, ce n’est jamais très agréable pour courir. Frontale bienvenue et pour l’occasion j’ai pu tester en conditions réelles ma Petzl Tikka rxp. Depuis la by night et la panne de piles neuves, j’ai changé de frontale pour mon plus grand bonheur de coureur de nuit. Il ne faut pas oublier non plus, que souvent la nuit il fait un peu plus froid, même si l’hiver est clément cette année, c’est un autre paramètre à prendre en compte. Au 30ème kilomètre en haut du fort d’Issy quand on se fait prendre en traître par un coup de vent de face qui glace, on comprend vite l’utilité des 2 couches. Oui seulement 2 couches, ce n’est pas non plus un froid polaire qu’il faut affronter.
Maintenant, passons un peu aux choses sérieuses, la course en elle-même, l’organisation exemplaire d’Issy Triathlon, son déroulement et mes petites mésaventures qui sur le moment m’ont parues être catastrophiques et qui 48h plus tard sont devenues de l’expérience acquise. Cela ne veut pas dire que je je ferai plus d’erreurs, mais sans doute pas les mêmes. Enfin je crois, sinon c’est à désespérer.
Pour avoir pendant longtemps, organisé des compétitions de tir à l’arc en milieu naturel (tir nature et field pour ceux qui connaissent), je sais combien il est difficile de tout prévoir, de tout organiser pour que ça se passe le mieux du monde et faire en sorte que ça soit une fête pour les participants. Comme toujours l’organisation d’une compétition repose sur des bénévoles qui donnent de leur temps et de leur enthousiasme pour nous accueillir et je dois dire qu’à Issy ils ont fait fort les Moulineaux. (Fort d’Issy les Moulineaux, comprenne qui pourra). En amont de la course, la communication a été très bien faite sur l’événement et son déroulement. Pendant la course, sur route ouverte à la circulation, avec donc les règles habituelles qui s’appliquent, les bénévoles et l’Asvp étaient présents pour nous aider, nous guider et protéger les traversées de rue. L’organisation s’est même adaptée en temps réel sur certains trottoirs quand les bénévoles ont vu qu’on traversait par erreur à d’autres endroits que ceux prévus, ils se sont déplacés pour nous guider et adapter les consignes. Ce CR est donc aussi un grand merci que j’adresse à Issy triathlon et aux bénévoles pour leur engagement, leur bonne humeur, leurs encouragements tout au long de la course.
J’ai rapidement abordé quelques lignes plus haut mes mésaventures, certaines imprévues et d’autres que j’aurais pu ou dû prévoir. Pour les imprévues c’est essentiellement un point de côté, à droite au niveau du foie, qui m’a accompagné pendant près de 25km. ça c’était l’imprévu, car je ne suis pas habitué aux points de côté, je n’en ai jamais, je ne sais pas ce que c’est. Il est venu tout doucement, quasiment dès le départ. au début une petit gêne, une petite pointe à la quelle on ne fait pas attention sur le moment. puis ça s’installe et ça dure. Ce n’est pas vraiment douloureux mais c’est présent, tout le temps et on ne fait plus que penser à ça ou presque et à cause de cette hyper focalisation sur un petit bobo, c’est pratiquement toute ma préparation qui s’est écroulée et j’ai oublié tout ce que j’avais appris. Autre douleur imprévue, mais pas tant que ça avec le recul, c’est mon gros orteil droit, tiens encore du côté droit… J’ai de l’arthrose au niveau du gros orteil, ce n’est pas nouveau, c’est une douleur que je connais et que je sais gérer depuis le temps. ça faisait juste quelques semaines voire quelques mois que j’avais pratiquement oublié ce petit bobo, mais tellement obnubilé par mon point de côté je me suis certainement de manière inconsciente déséquilibré dans ma façon de courir. j’ai commencé par attaquer encore plus du talon que je le fais d’habitude pour soulager mon orteil alors que si j’avais seulement fait attention à ma foulée et posé mon pied à plat je n’aurais pas commencé vers le 30ème km à boitiller au point d’être obligé d’alterner marche et course. ça c’était une erreur prévisible, il aurait suffit que je marque une pause, que je reprenne mes esprits pour repartir comme il faut. mais voilà j’étais avec un groupe de coureurs de mon niveau, on se relayait régulièrement et malgré le point de côté les 24 premiers km ont été fait en 2h25 (1h10 et et 1h15 pour chaque boucle) ce qui fait un petit 10km/h à son pépère sans fatiguer. Autre imprévu, mais pas tant que ça non plus, les lombaires et surtout à droite, encore et toujours ce côté droit puis ensuite une tendinite au niveau de l’épaule droite qui est revenue, bah oui toujours à droite. Quand je vous dit que je suis un déséquilibré… Et Marie-Laure qui coure seule avec moi dans les bois… Vous imaginez ?
Mais je m’égare, comme souvent. Revenons à mes douleurs imprévues que j’aurais pu facilement éviter ou en tout cas corriger pour que ça ne me gêne plus. C’est Yves qui a écrit dans son CR de Bouffémont que l’ennemi du coureur c’est le poids et bien je l’ai faite cette erreur. je suis parti avec un sac trop chargé. je m’étais mis en tête de faire toute la course sans m’arrêter au ravitaillement en eau prévu à chaque boucle. je suis donc parti avec mon sac, une poche à eau de 2 litres sur le dos et 2 flasques de 500ml sur la poitrine. 2 Kilogs de trop sur le dos voilà ma principale erreur, même si conscient du poids j’ai d’abord commencé par vider la poche arrière et quand l’eau n’est plus venue, j’ai cru que la poche était vide alors que le poids sur le dos me disait le contraire. je n’ai pas écouté, car si je l’avais fait, j’aurais constaté que la poche en se vidant un peu avait bougé et le tuyau s’était coincé, je m’en suis aperçu à la fin en retirant mon sac et je m’en suis voulu de ne pas avoir « écouté » mon dos et mes épaules qui me disaient que la poche n’était pas vide. 2 flasques sur les poches poitrines auraient donc suffit largement surtout avec le ravitaillement en eau tous les 12km. mais voilà, je n’ai pas voulu perdre de temps.
Allez savoir ce qui s’est passé dans ma tête. Pourquoi donc me suis-je mis en tête de partir avec autant d’eau ? C’est de la faute à Jean-Guillaume avec son ultra d’Angkor, sûrement que dans la jungle urbaine d’Issy et sa chaleur infernale, je risquais la déshydratation. Oui, c’est cela, c’est de la faute des autres et de leurs récits fantastiques,ça m’a filé la trouille et j’ai eu peur de manquer. Et dans le genre, surtout je n’écoute pas mon corps. Non seulement, j’avais un point de côté et un sac trop chargé, mais en plus j’ai suivi à la lettre mon plan d’alimentation.
J’avais tout préparé à l’avance, je suis allé jusqu’à mettre des étiquettes sur mes rations.
7km 2 pâtes fruits
12km une gourde compote de pomme, banane.
16km une barre de pâte d’amande
22km un gel caramel beurre salé (trop bon celui-là)
28km une barre de céréales à la figue
32km une compote de pomme
34km un gel fruit rouge
Volontairement pour prévenir un coup de mou, j’avais prévu de me ravitailler un peu plus sur la fin. Mais en fait, avec le point de côté, j’aurais dû surtout ne pas manger autant. Je n’en avais pas besoin. J’avais mangé des pâtes et du jambon sur les coups de 17h, donc aucun risque de mourir de faim. J’avais largement les réserves nécessaires sans compter le gras fait cet hiver. Tout ça pour dire, qu’en plus, j’ai eu quelques petites nausées et crampes d’estomac qui ne m’ont pas franchement aidé à rester lucide, glucide devrais-je dire, si j’osais. Bref, j’ai fait n’importe quoi, alors que malgré le point de côté, ça ne se passait pas si mal que ça. Bien calé dans le rythme avec les autres coureurs, il m’aurait suffit de continuer à courir sans me poser de questions existentielles sur ce qui n’allait pas. Car bien entendu dans ces cas là, quand tout va mal, on cogite en refusant de voir ce qui ne va pas. Sinon ça serait trop facile.
Bon, j’arrête de me plaindre. Ce qui me reste finalement, c’est le plaisir d’avoir terminé une course plus que sympathique. Voir Philippe, dans la rue, nous encourager alors que le lendemain il allait faire Bouffémont, ça fait chaud au coeur. Le départ sur l’île St Germain au milieu une haie d’honneur de torches portées par les bénévoles. Le plaisir de croiser les Xrunners. Anne-Paule en porteuse de flambeau, Anne-Pia qui nous avait manqué ces dernières semaines. Retrouver aussi d’autres coureurs croisés sur d’autres courses, Yohann, Gaëlle, Cédric. Un finish au sprint pour terminer quasiment à 3 de front. C’est totalement inutile, mais ça fait tellement de bien au moral. La soupe chaude, servie avec le sourire. Voir le dernier coureur finir escorté par les ouvreurs en vélo et l’ASVP. De cette course, je ne veux retenir que les bons moments, le reste c’est de l’introspection et du « regardage » de nombril. Au fait du côté gauche tout va bien, à tel point que j’envisage de me couper en deux pour devenir un demi coureur de fond, à défaut d’être un coureur de demi fond.