Bon voilà on y est ! Vendredi 26 Aout Vichy, J-1 avant l’IronMan 70.3 (1900m de natation, 90km de vélo, 21km de course à pied) !

Arrivé au village, je découvre ce qu’est l’organisation d’un gros triathlon avec des participants venant de toute l’Europe. Musique à fond, du monde dans tous les coins, des vélos qui me semblent plus performants les uns que les autres. Je récupère mon dossard et en passant devant le tapis de l’arrivée au couleur de l’IronMan, je pense déjà à demain midi quand je passerai la ligne : « ça doit être énorme » ! Apres avoir récupéré mon package, c’est le moment de préparer les sacs de transition et surtout de ne rien oublier : chaussures, gels, lunettes, serviette, chaussettes… j’ai vérifié au moins 4 fois pour être sûr de n’avoir rien oublié puis je vais les déposer avec le vélo.

Dans la zone de transition, je découvre les racks à vélo pour 2000 participants, c’est impressionnant (par rapport à mes 2 premiers triathlons de 200 participants). J’installe mon vélo, mets mon casque dessus et mon porte dossard. Je visualise bien sa place, il ne faudrait pas me perdre au moment de la transition demain matin !

Retour à l’hôtel pour se reposer car il fait très chaud 36-37°C , demain les même températures sont attendues. Après un dîner composé – entre autre -d’une double ration de pâtes, je me couche de bonne heure et je trouve le sommeil rapidement. Le réveil sonne à 4h45, je saute du lit, j’enfile ma tenue de course (ma tri fonction), un t-shirt par-dessus, je prends mon 1/2 gatosport et je descends pour le petit déjeuner que je n’arriverai pas à finir ( le gatosport est un vrai étouffe-chrétien ! ). Je remonte prendre le reste de mes affaires, je réveille ma chère et tendre pour qu’elle me conduise au village.

Sur place, ce que nous redoutions tous est annoncé : pas de combinaison l’eau est trop chaude, 25,5°C , la limite est de 24°C. Je laisse Maryline devant la zone de transition, je me dirige vers la ligne de départ avec lunettes et bonnet de bain. Je me retrouve au milieu des autres athlètes dans les sas pour le rolling start ( 1 départ de 3 nageurs toutes les 5sec), je décide de me mettre dans celui de 33-34min, ce sont les derniers instants avant le départ. Je suis entouré de triathlètes qui me semblent beaucoup plus costauds ou habitués à ce format de course. Je me rapproche petit à petit du ponton de départ, j’essaye de voir si j’aperçois Maryline dans la foule des spectateurs mais je n’y arrive pas. C’est bon, je passe le portique l’eau se rapproche, je saute à l’eau et c’est parti pour 1900m de nage, le soleil n’est toujours pas levé.

Les 400 premiers mètres se passent plutôt bien, je reste calme, j’essaye de pas aller trop vite et je glisse sur l’eau, puis d’un coup je me sens oppressé, difficile de respirer normalement, je passe sur le dos pour reprendre mon souffle, j’alterne crawl et dos sur 1000m. Quand j’arrive à la bouée des 500m, ma montre indique 10 min là je comprends que mon temps natation ne sera pas à la hauteur de mes espérances de 34min. Arrive la bouée des 1000m et le petit regard sur la montre : 15 min, je ne comprends plus rien je n’ai pourtant pas accéléré. Je comprendrai un peu plus tard que c’était bien la bouée des 1000m mais pour le sens du retour que je passerai en fait en 20 min. Bien que j’alterne dos et crawl, j’apprécie ce moment où le soleil se lève, je profite de ces moments au frais avant les grosses chaleurs attendues. Je pense à ma partie vélo qui va bientôt arriver, vais je tenir le rythme et aurai-je les jambes pour la course à pied. Puis je pense a Maryline et me demande si elle a attendu la fin de la natation et au moment où je verrai pendant la course à pied la famille. Puis arrivent les 400 derniers mètres, je décide peu importe les sensations de finir en crawl.

C’est bon, mes pieds touchent le tapis je me redresse (la montre indique 38min), c’est parti pour la transition, je cours/marche le long du quai j’entends Mary qui m’appelle (ça fait super plaisir les encouragements), elle me fait signe, je fais un petit signe de la main et je vais récupérer mon sac vélo. Je m’engouffre sous la tente de transition, je prends mes affaires de vélo puis je cours vers mon vélo. Je regarde si Maryline est là le long du parc à vélo mais non je ne la vois pas. C’est bon, j’ai le vélo, je cours jusqu’à la sortie et elle m’attend là, je fais un petit signe de la main sous ses encouragements, je passe la ligne de vélo, je monte dessus, je clipe les chaussures avec un peu de difficulté (le stress de la course) et c’est parti pour 90 km de vélo !

La partie Vélo se déroulera dans l’ensemble plutôt bien. Je perds juste un bidon sur une déformation de la route au km10, ce n’est pas grave j’en ai 2 autres à l’arrière de la selle et le ravitaillement est dans 15km. Je surveille ma montre pour vérifier ma vitesse, je suis plus rapide que ce que je pensais (32km/h au lieu des 30km/h). Il est temps de s’alimenter avec mes énergies bars, je les ai emballées dans de l’aluminium avant le départ pour que ce soit plus facile à ouvrir. En fait c’est pire que tout, l’alu colle à la barre impossible de la manger, heureusement j’en ai une dans son emballage qui s’ouvre finalement facilement. Je repense aux conseils des coachs Xrun «  n’essayez jamais rien pendant une course, si vous ne l’avez pas fait à l’entrainement »

Mon second problème arrive rapidement, en manipulant mes barres d’énergies, j’ai appuyé sur le bouton laps de ma montre, je perds toutes mes infos (chrono, km…) du début de course. Du coup, je relance ma montre à zéro, je ne sais plus où j’en suis sur le temps total et le nombre de kilomètres qui me reste à faire en vélo. Heureusement le 1er ravitaillement arrive (km 25), je retrouve mes repères, je sais où j’en suis. Les 3 ravitaillements se passeront bien, je récupère de l’eau aux 2 premiers et des barres d’énergies au 3eme. A partir du km 55, je ne prendrai plus d’eau, je commence à avoir mal au ventre, je ne boirai que mon bidon de boisson énergisante électrolyte. L’arrivée pointe son nez, plus que 500m, je décide de tester un nouveau truc : retirer mes pieds des chaussures et pédaler les pieds dessus, pour gagner du temps à la descente du vélo. Mouvement que j’exécute parfaitement. Je pose le vélo, je cours au sac de course pied, je rentre sous la tente (je suis frappé par la chaleur à l’intérieur), j’enfile les chaussures et c’est parti pour la fin de la course, 2 boucles de 10,5km.

Les premiers kilomètres se passent bien, je me retiens de courir trop vite, je maintiens une vitesse de 4:45/km. Arrive le 1er ravitaillement (il y en a un tous les 2 km), on me propose une petite douche au jet d’eau que je refuse, on me tend des verres d’eau, des boissons énergétiques, du coca ou de la St Yorre. Je choisis la boisson énergétique, j’avale une gorgée sans ralentir et je continue. Grosse erreur de ne pas avoir pris un peu de frais avec la douche et plus de boisson, avec les 36°C la chaleur monte très très vite, je ne pense plus qu’à une chose : le prochain ravitaillement ! La suite de la course se déroulera sur le format suivant : je cours entre chaque ravitaillement (que j’attends avec impatience à chaque fois), je marche sur les 15m de la zone de ravitaillement le temps de la douche, de 2 verres d’eau sur la tête et d’un verre de boisson énergétique. Plus la course avance, plus je sens la fatigue des jambes qui monte par la chaleur et les kilomètres qui s’accumulent. Pour garder la motivation sous cette chaleur pendant le premier tour je me répète «  qu’est-ce que je vais être bien quand je serai là dans le 2eme tour c’est que j’aurai bientôt fini ». La seconde chose, c’est la famille qui m’attend au km 5,5 pour m’encourager; Maryline, Louis, mes parents, même si de l’extérieur je reste concentré sur la course, à l’intérieur ça fait super plaisir de les voir.

Arrive la moitié de la course avec le passage sur le tapis d’arrivée où les premiers ont déjà fini, je prends mon chouchou (preuve du 1er tour effectué) et j’aperçois Clément qui m’encourage. C’est reparti pour le second tour, à ce moment je sais que si je maintiens le rythme, je vais faire le semi autour des 1h45, mais je ne sais pas combien de temps je vais mettre au total ça reste la surprise. Le second tour a été difficile par la chaleur et les chaussures qui commencent à s’alourdir par l’eau des douches, mais je maintiens le rythme autour des 5 min / km. Plus j’avance, plus j’ai les jambes qui fatiguent et tirent. Je me motive en pensant à mon marathon d’avril que j’ai fini dans la difficulté et la douleur, là ce n’est rien que de la fatigue, je dois m’accrocher et la ligne d’arrivée se rapproche. Voilà, je passe une dernière fois le pont de l’Allier, j’entends l’ambiance et la musique de la ligne d’arrivée, je maintiens l’effort, on y est presque, je rentre dans la zone d’arrivée, j’aperçois la famille (femme, enfant, parents et beau-frère), le dernier ravitaillement se présente mais je le laisse de côté je prends la file de gauche de la fin de course, je pénètre sur le tapis de l’arrivée.

J’y suis ! Je n’ai plus qu’à lever les bras et franchir la ligne d’arrivée, c’est bon je l’ai fait, je suis finisher !!! Je me retourne regarde mon temps qui s’affiche : 5h23 ! J’y crois pas j’ai fait mieux que mes espérances de 5h30. Je récupère ma médaille de finisher et je pénètre dans la tente où se trouvent les autres concurrents qui n’ont pas l’air pour certains très en forme, la chaleur a fait des dégâts. Ils attendent la séance de kiné proposée après la course, mais il y a trop de monde, je préfère ressortir. Je relâche la pression et je sens que mes jambes vacillent, je ne marche plus très droit (pourtant 5 min avant elles étaient encore solides). Je me dirige vers la salle omnisport où se trouve le buffet. Je n’ai qu’une envie du frais et à boire. Je prends de la pastèque, du melon, de l’eau et du coca. Apres 20 minutes de récupération, je reprends mes affaires (sacs, vélo…) et je retrouve la famille à l’extérieur. En résumé superbe course, j’ai trop aimé, je n’ai pas vu passer les 5h30 ! Je me suis bien préparé car après 4 jours et une séance de kiné je n’ai plus de douleurs dans les jambes, prêt à retourner à l’entrainement pour le prochain triathlon de Lanzarote.

Si j’ai le temps de m’entrainer l’année prochaine, je fais l’IronMan, d’ailleurs l’hôtel est déjà réservé. 😉