GRAND TRAIL DES TEMPLIERS – 23 OCTOBRE 2016 – 76KM – 3500D+

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Une fois n’est pas coutume, voici un petit compte rendu de mes Templiers.

J’ai pris la décision d’y participer après un rapide échange avec notre cher kiné Martin lors d’un entrainement. Une fois rentré à la maison je décide donc de me lancer dans le grand bain…

Avant de rentrer dans le vif du sujet, je souhaitais vous livrer quelques informations sur mon état de forme.. Il faut savoir qu’après mon objectif principal de l’année, le Marathon du Mont Blanc j’ai dû m’arrêter de m’entrainer pendant 6 jours, la première quinzaine de juillet suite à un virus qui m’a envoyé 24h aux urgences avec 40° de fièvre. Début aout, me sentant toujours un peu faible, je décide de faire une coupure totale de 8 jours de farniente en Normandie. La reprise de l’entrainement se fait dans d’excellentes conditions et je profite de ces séances estivales sans objectif à très court terme pour travailler la cadence de ma foulée, la pose du pied et faire du renforcement musculaire en me concentrant sur les quadriceps. L’objectif étant de me débarrasser de mes tendinites aux tendons rotuliens. Avant ce travail j’étais sur une moyenne de 160/165 ppm et à ce jour je suis régulièrement à 180… Au début, à vitesse constante ma FC était en augmentation mais tout est rentré dans l’ordre avec le temps et je pense même avoir gagné un peu de vitesse à FC constante !

Je rentre donc de 2 semaines en Sardaigne en pleine forme en ayant alterné course sur sentiers et natation avec un seul jour de repos sur la période. Je reprends l’entrainement concocté par Fred avec comme premier sous objectif, la Skyrhune (21km/1700D+-) fin septembre. Bon franchement j’ai souffert car la course est certes magnifique mais brutale et il n’y a pas de répit. Ça monte (à plus de 40% parfois) ou ça descend et le terrain est vraiment technique. J’ai même pensé à l’abandon dans la montée de la Rhune mais je me suis dit qu’il fallait aller au bout car mon objectif était essentiellement de me préparer pour les Templiers fin octobre. Bilan 3h42 dont une bonne partie dans le dur…bof..bof..

De retour de mon séjour au Pays Basque, je reprends l’entrainement toujours en gardant une séance de natation par semaine à la place de la PPG (négocié avec le Coach ;-)). Autant j’aime nager mais alors la PPG… Malheureusement (ou heureusement) pile la semaine où je comptais faire du volume en prévision des Templiers (16 jours avant), je me blesse au mollet lors d’une séance sur piste que j’arrive tout de même à terminer. Et hop un coup de fil à Philippe H et le lendemain je suis dans son cabinet (je bosse à 100m, ça aide ;-)) afin d’être soigné au plus vite… Il n’est pas question d’annuler ma participation aux Templiers ! Le verdict tombe ça semble être une petite déchirure, il me faut donc observer une période de repos et annuler mes 20km de Paris… je suis déçu et ça tombe mal, moi qui voulait faire une semaine à 100km, je termine à 56 en comptant la natation….Après ces 4 jours sans rien faire, je re-passe voir Philippe qui m’autorise à faire un footing très léger de 30’ mardi soir. Verdict ça tire quand même un peu mais je suis confiant et lui aussi. Je remplace quelques séances de course à pied par de la natation en endurance afin d’en perdre un minimum… tout en reprenant progressivement les footings. Pour résumer, sur les 2 semaines pré Templiers, je cumule seulement 4 heures de course à pied. L’avantage c’est que je serai frais sur la ligne de départ…

J’arrive donc le Jeudi 20 au soir à Millau pour une semaine avec ma petite Famille. Nous dormons à 4 dans une chambre dont une petite Gabrielle de 5 mois qui se réveille environ 4 fois par nuit… Vendredi matin, je pars faire un petit footing à Jeun de 25’ jusqu’à la ligne de départ pour me dérouiller un peu les jambes après ce long voyage en voiture. Nous allons ensuite récupérer mon dossard vers 11h afin d’être là pour l’arrivée de Fanny qui comptait arriver entre 12h30 et 13h. Elle sera plutôt à l’heure car elle arrive à 12h37 😉 Je me dis que ce serait sympa de filmer son arrivée et de la suivre pendant les quelques mètres avant son passage sous l’arche… bah oui sauf que je n’ai pas bien appuyé sur le bouton et donc pas de vidéo… le boulet… Nous faisons tout de même quelques photos et partageons ensuite un délicieux plat de pâtes J. Fanny fera la connaissance de Jules notre fils de 3ans et demi qui nous en parle encore….et repartons à nos occupations familiales.

Le samedi soir, j’arrive à avoir une chambre seul à l’hôtel et en profite pour préparer mes affaires. Je suis assez inquiet sur le temps qu’il fera et sur ma capacité à tenir pendant 12h de course. Nous mangeons ensuite un plat tous ensemble à l’hôtel et je pars me coucher vers 22h. Je dois être un peu stressé car je me réveille à 2h30 et impossible de me rendormir avant que le réveil ne sonne à … 4h…

Nous avons RDV dans le SAS1 avec Yves et Martin et en route, je me rends compte que je suis parti sans mettre de l’eau dans mes flasques… le retour du boulet ! Mais j’arrive à les remplir sur le chemin dans les toilettes d’un camping, ouf… Le seul qui devait arriver à la dernière minute (Martin) est arrivé bien en avance (il vous expliquera…) et nous attend jusqu’à ce que nous arrivions 5’ avant le départ… nous prenons une photo et hop à 6h le départ est donné !

Nous partons à la frontale sur un rythme tranquille et nous restons ensemble pendant quelques km. Martin nous abandonne en haut de la première bosse dès que la première petite descente point son nez mais je reste au contact d’Yves encore quelques minutes jusqu’au P7 où nous pointons à la 670ème position. L’allure me convient mais j’ai le cardio qui monte un peu trop à mon goût (env 155 pulses) alors que je ne devais pas dépasser 145… Yves accélère un peu et je le laisse partir me disant que la course étant encore très longue et qu’il ne fallait pas que je me grille dans les premiers km. Je continue à mon rythme sur cette partie plutôt plate et sans grandes difficultés et en profite pour prendre une barre énergétique afin de tenir Jusqu’ au premier ravitaillement à Peyreleau (22,5km) où j’arrive en 606ème position sans forcer. Je prends mon temps, mets à niveau mes flasques et m’alimente bien (coca, soupe, tucs, bananes) pour repartir plein d’énergie.

Dès la sortie du ravito se présente une nouvelle montée sans grande difficulté ma ça bouchonne un peu… je monte les 440D+ sur 4km en 40’ sans me mettre dans le rouge… Une fois en haut, je me sens toujours super bien et j’en profite pour faire une petite vidéo afin de l’envoyer à Mme (impossible à envoyer faute de réseau) et prends une petite compote 😉 Toujours pas de difficultés en vue …j’arrive tranquillou au ravito de saint André de Vezines en 514eme position et m’alimente comme au premier ravito (ça fait vraiment du bien surtout la soupe avec les Tucs ;-)). Je repars assez confiant mais au 42eme je commence à être dans le dur et avoir mal aux genoux… La descente vers la Roque Ste Marguerite me fait mal et même si cela ne se voit pas au classement (488ème), je commence à accuser le coup et je me dis que la deuxième partie va être compliquée. Je suis très impatient de voir ma petite famille au ravitaillement de Pierrefiche. L’ascension de la bosse pour y arriver se passe bien et ça me fait même du bien aux genoux ! J’arrive donc fatigué (470ème au 47ème km) au ravito ils m’attendaient (mais qu’est-ce que ça fait du bien de les voir !!) Compte tenu de la configuration même du ravito je ne peux pas aller les voir tout de suite et passe me sustenter (toujours le même menu) et me prépare une assiette pour l’avaler avec eux. Je passe quelques minutes en leur compagnie et partage mes sensations. Il y avait beaucoup de vent et je pose mon assiette sur un muret en la confiant à mon fils pendant que je vais faire remplir mes nouvelles flasques. Lorsque je me retourne je vois mon fils en larmes car il n’a pas pu empêcher l’assiette de tomber à cause du vent, je le console en le prenant dans mes bras puis fait un câlin à ma femme et ma petite fille qui me fait un grand sourire dans sa poussette. En repartant pour affronter enfin les vraies difficultés j’entends mon fils crier : Aller !!! Aller !!! Qu’est-ce que ça fait du bien !!! 😉 Résultat : près de 12’ passées au ravito…ça fait un peu long quand même …

Toujours est-il que je repars boosté mais quand même dans le dur avec cette douleur aux genoux qui revient rapidement. Une heure après être reparti, je suis toujours le rythme des coureurs qui m’entourent mais ressens le besoin de faire une pause de 2’ pour manger ma banane que ma femme m’a donné au ravito et prendre un Nurofen afin de diminuer mes douleurs. Je me fais évidemment doubler par une bonne vingtaine de coureurs avant de reprendre tranquillement ma course. Au fil des kilomètres, je me sens de mieux en mieux et aborde les difficultés dans de bonnes conditions. Je me fait biper et en profite pour demander à quelle place je suis (on me dit « dans les 500 et des poussières). C’est la première fois depuis le départ que j’ai une idée de mon classement…J’arrive au augmenter le rythme et je commence à reprendre les coureurs qui m’avaient doublé lors de mon arrêt… Arrive ensuite la descente vers le ravito en eau de Massebiau, je suis en 478ème position juste avant d’attaquer la montée du Cade dont tout le monde parle… Je prends bien soin de faire le plein d’eau, ingurgite une petite compote et hop c’est parti pour l’ascension… au milieu un monsieur nous donne notre classement et il m’annonce 445ème… ! Je suis agréablement surpris et me dis que si je passais la ligne d’arrivée à cette place cela me conviendrait. Je décide donc de faire ce qu’il faut pour y rester et le meilleur moyen c’est d’attaquer !:-) Je double pas mal de personnes dans la deuxième partie de la montée du cade et arrive en haut à la 426ème place et j’en suis à 9h42 de course. Je me dis que terminer en moins de 11h serait aussi très bien et n’ai plus que cette idée en tête…Voici donc la descente du Cade dont Fanny (et d’autres) m’avait parlé comme étant glissante et difficile à gérer… Je la gère cependant super bien en descendant à bloc et reprends un paquet de coureurs qui semblent pour la plupart tétanisés.

Se présente maintenant la dernière difficulté, la montée du Puncho d’Agast pour atteindre la fameuse grotte du Hibou. Elle est très raide et à cet instant je me dis que j’ai bien fait d’aller au bout de la Skyrhune car il faut également y mettre les mains pour grimper. Je double encore des coureurs et gardant en tête mon nouvel objectif (- de 11h). C’est comme une barre rocheuse en fait et c’est super sympa 😉 J’arrive en haut, passe dans la grotte sans m’y attarder et commence ma descente. Il me reste 2,6 km à faire en 20’ environ… environ parce que j’ai démarré ma montre à peu près 2’30’’ après le départ et je ne suis pas certain du temps qu’il me reste réellement… La descente est très glissante et technique mais je me sens super bien et double encore pas mal de monde mais ça ne va pas assez vite ! C’est raide, donc difficile de courir à 5’ au km et je commence à m’inquiéter pour mes moins de 11h… surtout quand je vois s’afficher sur ma montre une allure de plus de 13’ sur le dernier kilo. Il reste environ 1km avant l’arche et je n’ai plus le temps de faire des calculs quand un terrain plus docile se présente me permettant enfin de courir. C’est donc quasiment au sprint que je passe sous l’arche et aperçoit immédiatement Yves arrivé une heure avant moi… Je regarde le tableau des arrivées et ouf !! Mon chrono est de 10h59’45’’ et je suis 368ème !! Soit plus de 300 places gagnées depuis le départ et cela sans me mettre dans le rouge excepté un passage à vide d’1h30 quand même.

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C’est la première fois depuis le début de l’année que je suis entièrement satisfait d’une course en terme de gestion est de chrono sachant que je partais dans l’inconnu avec une distance jamais courue auparavant… Je remercie encore une fois Xrun et mon Coach Fred de m’y avoir préparé mais aussi Philippe de m’avoir réparé tout au long de ma préparation 😉

Avec le recul, la période de deux semaines quasiment sans entrainement m’a été bénéfique et j’en tire une leçon simple qui est qu’il vaut mieux arriver frais et légèrement sous entrainé que l’inverse. Sous réserve que le boulot ait été fait les mois précédent évidemment !

La course est magnifique et très variée et je serai là l’année prochaine pour tenter d’améliorer ce chrono. Les pistes à travailler sont nombreuses…