CR Trail Gruissan 50km (1500+)

Après une petite coupure hivernale suite à la Saintélyon, il était temps de revenir à la compétition. Je n’avais pas spécialement coché le trail de Gruissan pour cette première sortie de l’année mais l’opportunité de courir en famille a permis l’octroi d’un weekend prolongé dans le sud de la France. C’est donc dans le cadre de la première manche du Trail Tour National que je vais tester mon état de forme. Je ne suis qu’en reprise d’entraînement « sérieux » mais la forme commence à venir. Un gros plateau s’annonce avec de nombreuses têtes d’affiche nationales mais ce n’est pas pour me déplaire : pas de pression… S’il y a une chose à retenir de ce trail c’est : cailloux mais pas que ! Trail assez technique, pas vraiment mon profil de course, mais jamais dangereux. Au moins on peut courir de bonnes portions.

Comme d’habitude, la meute s’élance après le coup de feu et déjà je pointe très loin lors du premier mur après 2km de course. Je vois l’étendue de coureurs devant moi, presqu’une centaine mais je sais que la partie ne fait que commencer. Le parcours est exigeant. Je commence à bien le connaître car c’est ma troisième participation. Après le mur, place aux singles sur quelques kilomètres. Difficile de doubler mais ce n’est pas grave car tout le monde court à bonne allure, il suffit d’être patient et attendre que la fatigue commence à user les organismes. Après une petite dizaine de kilomètres et une succession de petites côtes raides et de descentes un peu limites, j’arrive à la hauteur des premières féminines qui se livrent à une belle bagarre. J’encourage deux d’entre-elles que je connais bien et décide quand même de les doubler avec une fierté toute masculine !

Bref, les choses sérieuses commencent vraiment car maintenant se profilent devant moi des portions un peu plus roulantes sur lesquelles je peux enfin embrayer un plus gros braquet. Visiblement on me pointe vers la 40ème place mais peu importe il faut se concentrer sur son effort et rester très vigilant car les pièges sont nombreux. Etonnamment, je ne ressens aucune grosse fatigue avec toujours l’impression de pouvoir maintenir un bon rythme et je commence à gagner des places. Sur une des crêtes, le vent est très violent mais heureusement pas froid. J’arrive sur longue portion en légère descente, là c’est le pied : un bon 14-15km/h pour des sensations fortes. J’aime ces instants où on a l’impression d’être invincible. Hélas, cela ne dure pas éternellement et la dure réalité d’une côte de 500m vient me rappeler que les séances de montées et de VMA servent à quelque chose, même à 3-4km/h !

La mi-course est déjà passée depuis un moment et j’arrive dans une portion très délicate avec un enchaînement incroyable de côtes, de descentes et de plats avec d’énormes pierriers. Chaque année je me dis que ce n’est vraiment pas possible de s’embringuer dans une course pareille mais finalement encore une fois je m’en sors plutôt bien, moi qui ne suis qu’un coureur de plaine comme s ‘amusent à me dire mes camarades du circuit. Plus qu’une quinzaine de kilomètres. Je n’oublie pas le protocole alimentaire que je me suis prescris en testant quelques nouveautés. Tout passe bien mais la fatigue est bien là et il va falloir serrer les dents. Je n’ai pas compté le nombre de coureurs que j’ai pu passer mais je commence à doubler quelques têtes connues et cela me donne des ailes. Après le dernier ravitaillement où je ne remplis qu’une petite fiole d’eau, j’aperçois la pinède que je connais bien, roulante mais avec du dénivelé qui fait très mal aux jambes. Je serre les dents et je passe encore deux coureurs qui semblent être au bout.

Enfin, j’arrive au bord de la mer mais je sais qu’il reste une grosse butte à grimper un kilomètre après une longue portion de plat bitumée. J’en profite pour doubler encore deux coureurs en essayant de les distancer au maximum car j’aimerais bien ne pas trop m’employer dans la butte. Un petit regard en arrière : c’est bon j’ai une centaine de mètres d’avance et il reste trois kilomètres. Je fais très attention dans la descente qui suit. Les jambes sont lourdes et il ne s’agit pas de se faire une entorse si près du but.

Voilà on y est : la dernière ligne droite (un peu plus d’un kilomètre quand même !). Je me retourne une dernière fois. Je ne vois personne à au moins une minute. Je peux savourer tranquillement jusqu’à apercevoir Fanny qui m’attend un peu en amont de l’arrivée.

Je franchis la ligne en 20ème position et premier vétéran 2.

Une bonne rentrée en matière donc avant l’Ecotrail qui se profile à l’horizon dans cinq semaines.