Fanny Lejeune, Xrunneuse a relevé son objectif de fin d’année : participer à la 64ème édition de la Saintélyon accompagnée de quelques Xrunners. Xrun revient sur ce challenge personnel !

 

• On va commencer par la question que tout le monde se pose : pourquoi avoir décidé de participer à cette course mythique ?

Effectivement la SaintéLyon, une des courses mythiques du calendrier français du trail ! Avant de m’y inscrire, j’avais déjà bien sûr eu beaucoup de retours très variés sur cette course, certains adorent, d’autres moins. Il fallait bien que je me fasse mon propre avis sans trop de précipitations cependant. J’ai attendu 2017 afin d’être vraiment prête physiquement et mentalement pour encaisser ces 72km de nuit. Cette distance, c’était tout naturellement la prochaine étape à franchir au vu de la belle année 2017 que je venais de passer.

• Combien de temps te préparais-tu ? Quelles ont été les étapes ?

Je me suis fixée cet objectif cet été en me disant que j’avais tout l’automne pour m’y préparer gentiment sans pression en incluant des courses de préparation entre. Je trouve bien de se fixer un objectif de fin d’année, avec l’hiver, le froid et la nuit qui arrivent, cela permet de garder une certaine motivation pour s’entraîner. La préparation SaintéLyon a commencé en septembre tranquillement pour s’intensifier petit à petit en octobre puis novembre avec en moyenne une course de préparation par mois qui se sont très bien déroulées : 3 courses > 3 podiums ! Cela a permis de me mettre en confiance et confirmer ma forme physique du moment.

• Quel était ton état d’esprit quelques jours avant l’échéance ?

Haha ! Je pourrais dire MES états d’esprits car je suis passée par tout à une semaine de l’échéance, notamment avec les conditions météos annoncées !
– De l’excitation à la hâte : « Je suis en pleine forme, ma préparation s’est déroulée parfaitement yapluka maintenant ! »
– Puis « Mon dieu, ils annoncent un froid polaire, de la neige et du vent. Je ne veux plus y aller, je suis trop frileuse pour ces bêtises moi !!! »
– « Et puis au fait, c’est de nuit, est-ce que mes sensations vont être aussi bonnes que de jour ? »
– Pour fiinalement : « allez ça va le faire, pas de pression ! » A J-1, j’ai switché mentalement du mode chrono/compétition à fond les ballons au mode « expérience / aventure » >> « chouette je vais courir dans la neige toute une nuit et je vais bien me cailler les miches, ça va être une première ! »

Une chose est sûre, on aura bien rigolé jusqu’au bout avec les copains de Xrun. Nous avions un groupe Whatapps spécial « Saintélyon » et je peux vous dire qu’on en a vu et lu de toutes les couleurs, entre les flippes des uns, le matos qu’il fallait qu’on prévoit ! On aurait cru qu’on partait pour une expédition en Laponie !!!

• Raconte-nous comment s’est déroulé ce challenge personnel pour toi, du départ à l’arrivée.

Après cette période de doute au vu des conditions météos, à 2h du départ, je suis finalement hyper excitée et j’ai vraiment hâte de me lancer. J’arrive à partir dans la 2ème vague, je suis concentrée et j’entre dans ma bulle dès le départ. 7km de route, j’en profite pour mettre un coup de boost pour ne pas avoir de bouchons une fois arrivée sur les sentiers (en plus j’ai les pieds gelés, cela me permet de les réchauffer !!). Ensuite, je n’ai plus du tout la notion du temps, je lâche complètement ma montre et donne priorité à mes sensations qui s’avèrent bonnes ! Le plus gros coup dur a été après le 2ème ravito, je repars les gants mouillés en remplissant mes flasques. Qui dit gants mouillés, dit mains gelées, qui ont eu du mal à se réchauffer (merci les chaufferettes que j’avais glissé dans ma poche et qui m’ont sauvé !) puis on enchaîne sur des descentes complètement verglacées : 1 chute à mon actif qui m’a bien refroidie (le mot est bien choisi !) du coup trop peur, je ne veux pas prendre de risque, je marche dans les descentes car c’est l’hécatombe, ça tombe comme des mouches sur le sol, devant et derrière moi… Après cet épisode délicat, tout « roule » de nouveau ! Je peux dire que globalement j’ai vraiment eu de bonnes sensations quasiment tout le long du parcours, les jambes étaient là et la tête aussi. Le froid que j’appréhendais beaucoup ne m’a finalement pas gênée (merci les multi-couches bien anticipées !). Sur les 20 derniers kilomètres, beaucoup marchent, je dépasse, je dépasse et ça, ça fait du bien au moral ! J’en ai encore sous le pied, je cours même dans les côtes. A quelques kilomètres de l’arrivée, je ne vois toujours pas le jour se lever, je jette alors un coup d’oeil à ma montre car je me demande tout simplement quelle heure il est et à combien de temps de course je suis : 7h20 ! What ?! Et là je me dis « ma cocotte tu arriveras largement sous les moins de 9h !!!! » > Je comprends mieux maintenant pourquoi le jour n’est pas encore levé ! Trop d’euphorie, j’arrive même à me convaincre que les -8h sont jouables, cela ne tenait à pas grand chose !

• Quel est ton sentiment après avoir accompli une telle course ? Le referas-tu ?

Je le dis rarement car je ne suis pas du genre à m’envoyer des fleurs (bien au contraire !) mais je suis fière de moi ! Comme je disais, j’avais un objectif de temps que j’ai revu à la baisse à quelques jours du départ vu les conditions et finalement mon temps (8h01) s’avère largement en dessous de ce que je m’étais fixée initialement. Sans parler du classement (16ème féminine et 333ème au général) jamais je n’aurais parié là-dessus ! Au delà de l’aspect chrono/classement, je suis très contente de l’expérience tout autour de cette course : courir de nuit, avec froid (jusqu’à -15 degrés de ressenti sur les hauteurs), vent, parcours verglacés et enneigés. Après coup, je trouve même que toutes ces conditions ont rendu le parcours très joli ! Nous étions tous d’autant plus fiers lorsqu’à l’arrivée on entendait des coureurs qui avaient déjà plusieurs éditions de SaintéLyon à leurs actifs, dire « C’était la plus dure que j’ai faite ! »

Oui sans hésiter, je le referais, c’est un parcours qui me correspond et sur lequel j’ai pris plaisir à gambader. Et puis, il faut bien que je titille les moins de 8h de course maintenant !!

• Quelle sera ta prochaine course ? As-tu déjà des objectifs à venir ?

Après discussion avec mon coach sur ma planification de course, j’ai décidé, cette année de me lancer sur le TTN Long (Trail Tour National) afin de voir par curiosité ce que je vaux parmi tout ce petit beau monde du trail chez les femmes ! Nous devons faire au minimum 3 courses du calendrier proposé + les Championnats de France de Trail obligatoirement en juillet 2018. Mon prochain gros objectif sera le 80km de l’Ecotrail de Paris en mars prochain avec en course de préparation peut-être Gruissan Phoebus Trail (50km) en février qui fait aussi parti du TTN.

Xrun félicite les Xrunners pour leur courage et leur détermination !