Nous y voilà, samedi 19 mai 2016, départ de l’EcoTrail d’Oslo.
Il faut savoir qu’à la base, cette course n’était pas mon objectif mon objectif principal de la saison. Je l’abordais plus comme un défi personnel et un moyen pour moi de découvrir la Norvège.

La seul expérience trail que j’avais était celle de l’année dernière où j’avais parcouru les 50 kilomètres de l’Ecotrail de Paris. Et sinon j’avais fait un semi, un 10km et… C’est à peu prêt tout. Les chronos n’étaient pas trop mauvais pour mes débuts.
Cela m’a poussé à m’inscrire à Xrun – Paris 12 pour ne pas faire n’importe quoi au 80km et surtout pour progresser.
Dans le 12ème, on fait de la piste pour préparer les courses sur route et surtout on s’amuse car c’est la mentalité du groupe auquel j’adhère à 100%. L’effort sans plaisir ça ne sert à rien :).

Il faut aussi dire que nous sommes très bien encadré par Gilles et Rani. Les capacités de Rani à nous connaître et nous pousser toujours plus loin dans nos performances est top ! Quant à Gilles, il n’y a pas mieux pour les abdos et le champagne frais.

Et pour les éventuels Traileurs qui lisent ce CR de course et qui… Pourraient rechigner à faire de la piste… Venez ! Les sensations de vitesse sont justes extra. Et puis comme je vous l’ai dit, ça nous permettra de fêter votre arrivée :).

Revenons à la course. Pour préparer ce 80 je suis donc monté tranquillement en puissance depuis le début d’année. D’abord un 10km (39’11), puis un semi (1h27) pour ensuite tenter un chrono à mon premier marathon à Paris. Malheureusement je me suis blessé pour le marathon de Paris donc on repart à zéro à l’entraînement et l’envie de compenser sur le 80.

La veille de la course, j’essaye de ne pas trop me fatiguer. Une petite heure de vélo et du tourisme. Je m’hydrate correctement et je mange régulièrement pour être au top de ma forme. Je prépare mes affaires pour ne pas avoir de stress le matin et donc je remplis mon camelback qui se vide en même temps par un autre trou… Merde… Vite faut que je me trouve une nouvelle poche ! Bref, après l’heureuse acquisition d’une poche Salomon (car oui le Norvègien est aussi au top de l’équipement (Quechua connais pas). Je disais donc, après avoir sacrifié un organe pour acheter une nouvelle poche, tout était dans l’ordre.
Tout cela fait que j’arrive au départ en forme et plutôt confiant bien qu’au moment du départ, j’appréhende encore un peu la distance. Heureusement qu’un autre Xrunner (Sébastien) est là. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il s’y connaît en trail. Ce n’était pas prévu mais autant profiter de son expérience. L’objectif était très simple :  le suivre à la culotte. C’est pas très imaginatif mais en gros je fais tout comme lui (sauf, malheureusement, avec la crème pour les pieds…).

9h : c’est parti pour 80km. Je me mets dans les pieds de Sébastien. Nous sommes moins de 300 à prendre le départ. Le groupe est assez mixte concernant les genres et plutôt homogène niveau forme physique. C’est pas des rigolos les Norvègiens ! Il y a quand même une forte bande d’irréductibles gaulois prêt à défendre nos couleurs.
Nous longeons le fleuve pour sortir d’Oslo. La route est goudronnée et plate. En un mot, je me sens bien :). Je tiens mon programme d’alimentation tous les 6km et d’hydratation toutes les 15 minutes.
Au bout du 7ème kilomètre, nous commençons à sortir de la ville. Je me sens facile et Sébastien me dit que si je veux je peux partir. Je me connais, j’ai tendance à vite m’enflammer. Je préfère donc rester dans sa foulée… Mais je suis encore jeune ! J’ai quand même envie de tester pour ne pas avoir de regret au finish. C’est décidé, je pars !

Je gère correctement les montées et relance bien dans les descentes. Nous arrivons sur les parties techniques au bout du 16ème kilomètre. Le cadre est magnifique (forêt, lacs, montagnes) mais nettement plus technique que le bois de Vincennes ou je m’entraîne. Je m’en sors néanmoins pas « trop mal ». Au final je ne chute qu’une fois sur de la caillasse et j’arrive à récupérer ma chaussure restée dans la gadoue. Le coeur et les jambes sont là.

Malheureusement, je commence à ne plus assimiler correctement ma nourriture vers le 30ème kilomètre. Je finis au premier (vrai) ravito avec de bonnes crampes d’estomac et un chrono que je trouve honorable  (3h30 au 33km). La vue sur le tremplin olympique est saisissante et redonne du baume au coeur. J’essaye donc de me remotiver. Je vide mon camel bak pour n’y mettre que de l’eau et c’est reparti… Pour la galère. Je reste dans le rouge et c’est parti pour une longue agonie jusqu’au 50ème kilomètres. Ça ne fait que grimper. Je me demande si je vais pouvoir terminer. Très sincèrement, je me demande bien à ce moment là comment je vais pouvoir terminer.

Je me fais déposer par la team isostar qui était alignée sur le 45 qui est parti après mon passage. Ils discutaient tranquillement pendant qu’ils dévallaient les pistes à vive allure… Bref sont pas comme nous ces gens là ! Dans les mêmes instants, je pense franchir une zone gadoullieuse et je me retrouve avec de la boue jusqu’au deux genoux ! Je craque, je râle, je marche.
Ce qui était une idiotie car ce fut la partie la plus roulante de tout le parcours mais ça je n’avais pas tilte. Car oui, on vous garde le meilleur pour la fin !

Au 50km, je me sens mieux. Les jambes sont revenues et j’ai perdu mes maux de ventre. J’essaye de relancer en me disant que la montagne c’est fini mais non ! Car c’est parti pour monter monter et encore monter. J’arrive néanmoins à gèrer correctement cette partie. Au sommet, je repars dans les parties techniques. Je cours et je m’accroche au groupe qui est là. On longe une route de sentier mais pourquoi aller sur la route quand on peut la créer soit même au milieu des bois ? Vous l’aurez compris, je m’accroche mais je râle :).
Mon manque d’expérience fait que je perds pied vers le 65eme kilomètre. Les jambes sont lourdes et bien rigides. Ça devient difficile de relancer dans cette série de montées-descentes aux chemins étroits, gadouilleux et plein de racine.

Je préfère donc marcher pour avoir plus d’énergie pour pester contre ce pays, contre les trails, les distances à la noix et mes idées à la con. Bref, je le dis, je le redis et je le re redis: j’en ai mare plus jamais je refais ça ni même un dix ! Je retourne à la natation. Je prenais plus de plaisir à faire 4km 4nages.
Je ne fais pas que râler. Je me retourne régulièrement car je n’ai toujours pas croisé Sébastien. Vu ma performance il aurait du me doubler depuis longtemps. J’espère qu’il ne lui ait rien arrivé et qu’il n’a pas abandonné.

Au 73eme je sors enfin de la forêt. Et oui je n’ai pas honte de la dire, j’aime la route et le plat qui l’accompagne !!!!!!!! C’est parti pour 3 kilomètres à longer l’autoroute… Bon ok, je retire ce que j’ai dit. La nature me manque déjà. En plus il se met à pleuvoir, ça pue, je n’ai pas demandé à venir au monde et mes ampoules aux pieds viennent d’exploser ! Je commence à perdre « espoir ». La seule chose qui me fait tenir c’est ce t-shirt de Finisher que j’ai promis de ramener à mes amis. Il faut que je serre des dents, que je baisse la tête et que je termine cette course je ne peux pas abandonner. Je n’ai pas le droit.

L’arrivée semble tellement loin…
Je m’aperçois en regardant ma montre que je peux encore finir en moins de 10h. Il faut que je m’arrache. Ça ne va pas être évident mais c’est encore jouable.

Au 75ème km, j’arrive sur aker brygge. Je suis toujours à l’agonie et je ne sais pas pourquoi, je me fait doubler par un gars de trop et je me dis lui tu le tiens ! Je me remets à courir et je le suis. On s’encourage et d’un coup, qui je vois tout souriant en train de m’attendre sur les quais ? Notre ami Sébastien qui avait abandonné au 33eme et qui est venu me soutenir jusqu’au bout ! Ça fait un bien fou des choses comme ça ! Et ça repart.
A coup « d’aller mon lapinou » on part pour une chevauchée fantastique de 3km à 4’50 » pour franchir ce palier des 10h. La plus de mal de jambes plus rien. On se dit que Seb est venu t’encourager et t’aider à finir donc tu ne peux pas le décevoir alors t’y va et une fois la ligne d’arrivée franchie, là, tu te rappelles que tu avais vraiment mal aux jambes. Et grâce à Sébastien j’ai pu tenir et terminer (pas très glorieusement) en 9h55 :).

Heureux comme tout d’avoir réalisé se 80 et tellement content du soutient, encore maintenant je ne peux que le remercier.

Pour conclure, un superbe trail mais très/trop technique pour une première expérience. Paris c’est une chouette ville au final. J’étais préparé pour faire un marathon et pas un 80km. Il y avait 45km de trop pour moi dans cette course 🙂
Néanmoins, l’entraînement de Rani à porté ses fruits car j’ai tenu. Je dirai même, il a prouvé sa supériorité sur les entraînements trail puisque Sébastien a préféré abandonner face à mon niveau.
Paris 12eme 1 – 0 Saint Cloud.

Je ne suis pas vache, pour remercier Sébastien je suis prêt à lui laisser une chance sur un 10km à Paris 😉