Trail de l’Aqueduc (42km / 2300D+) à Cours (LOT) / dimanche 31 janvier 2016

 

6

Niché au coeur du Parc Naturel des Causses du Quercy, le trail de l’Aqueduc allait répondre en tous points à nos attentes d’irréductibles gastronomes sportifs. Car, au risque de déroger aux règles conventionnelles de préparation d’avant-course, mes 12 camarades de trail me répètent continuellement :

« Benji, continue l’orga des week-ends trail, et surtout, n’oublie pas la bonne table… ».
Autour de ce « concept-sport » que j’adore, nous nous retrouvons dès le vendredi soir au resto, dont le petit nom, « L’Ô à la Bouche » (Cahors), présageait d’un accueil local chaleureux !

Samedi matin/aprem :

Nuit paisible dans un superbe gîte isolé du monde et direction Cahors pour le retrait des dossards. 9 d’entre nous sont sur le 13km, 2 acolytes et moi-même sur le 42km. Nous ne manquons pas le détour au marché et repartons avec une 1/2 épaule de porc séchée ! C’est aussi ça l’esprit du trail : s’imprégner de son environnement 🙂

Emplettes locales et dossard en poche, nous filons pour une visite de cave impromptue, histoire d’élever non pas notre taux d’alcool dans le sang mais le poids de la voiture en bouteilles. C’était notre « mise au verre » d’avant course…

Samedi soir :

Tous réunis dans le gîte autour d’un dahl au lait de coco (home made s’il vous plaît), les questions fusent alors autour du poêle à bois :

« Combien de gels pour demain ? Quelle quantité d’eau/boisson isotonique ? Pas peur d’avoir froid avec un manche-longue et un kway ? Tu mets des guêtres ? Pile de frontale ok ? Tu prends tes bâtons ? A quelle heure est la finale de l’Open d’Australie ? » – On fait le bilan et…. je me charge un peu plus, la peur de manquer sans doute (je manquerai juste la finale Djoko-Murray in fine). On se dit bonne et courte nuit. Je mets le réveil à 04h30. J’ai l’impression d’avoir pris du redbull en intraveineuse avant de dormir, que je traduis par une excitation (sur)naturelle. Suis prêt !

3

Dimanche : 06h30

Fort d’un parfait p’tit dej à base de lait de riz, muesli, banane écrasée/sucre vanillé accompagné d’un thé léger, je me retrouve avec mes 2 compères au départ et 80 coureurs au taquet sous une pluie fine et tenace. La garce, elle nous accompagnera tout au long du parcours.
Le speaker nous fait son décompte et…. grand moment de solitude (cf : ma tronche de nuit). On se fait mystifier dès le départ par les cadurciens, fins connaisseurs évidemment de leur propre terrain de jeu ! Nous voilà rapidement avec le serre-file qui nous peint le tableau : « Bon les jeunes, va falloir s’accrocher, les copains de d’vant, on n’les revoit qu’à l’arrivée ». Ah…

2

Fort de ma prépa « tarennaise » (en partie respectée !), je me dis juste que je ne souhaite pas finir dernier (le fond d’orgueil qui nous habite, vous savez..). Alors j’imprime un petit rythme soutenu, convenant également à mes compagnons de fortune. Assez à l’aise en montée comme en descente, j’essaye de me préserver de toute euphorie et souhaite surtout garder le contrôle de ma foulée (réduction des pas en montée / rythme cardiaque base END L-M, no more). Et puis les heures passent, on croque les kil’ et on se dit qu’il fait bon, mais qu’il pleut, mais qu’il fait bon, mais qu’il pleut quand même, mais que c’est bon quand même.  Pléthore de raidillons habillent ce parcours très fun techniquement, avec passages de relance et single track dont je suis particulièrement friand. Je ne gobe aucun gel, 6 ravitos viennent nous combler les carences en sodium et en glucose. Je cumule quand même 5litres d’eau en 5h, ça en fait de la pause-pipi… !

Quel pied…. Déjà le 35ème km et du bonheur de courir sans la moindre sensation d’épuisement ou de lassitude. Alors oui, les fibres pètent dans les quadri, on a du mal à relancer, on joue de bluff avec les copains : « tout baigne ? » – « les jambes du 5ème km et toi ? ». Héhé… Du bonheur je vous dis. Si les 2 derniers kms sont affreusement pénibles en raison du terrain très gras et des dévers, je challenge mon pote dans un petit sprint de fin de course (l’autre copain, victime du syndrôme de l’essui-glace, était un poil en retrait..).

Bilan : 7h55 de plaisir partagé avec mes 2 frangins de trail, une 72ème place et pas dernier..

Merci à celles et ceux qui auront tenu la lecture de ce CR illustré 😉

Benjamin

Sans titre