Alésia-trail 25 septembre 2016     La Mandubienne – 34km – 1200m D+

L’objectif de cette course a pour origine le dimanche 12 juin dernier. Après une dizaine de jours de récupération suivant une belle course, l’Ardéchois, je retrouvais progressivement une forme digne de ce nom (le mien !). Puis lors de ce fameux dimanche et après une belle sortie vélo matinale, j’étais convié sur l’heure du déjeuner à une fête entourée de bons amis. Il s’en suivit, fort logiquement, une petite sieste dès mon retour à la maison. À mon réveil, un peu précipité, je me levais et me dirigeais dans le salon… et heurtais le pied d’un fauteuil égaré sur mon passage. Le réveil était alors bien assuré ! Douleur vagale, 5éme orteil à 90°, glaçage et conseils de mon kiné… bibi ! La radio est formelle : orteil cassé. Bien sûr que je connais les conséquences, soit 4 à 5 semaines sans courir ! Quand on pense que Xrun rabâche à longueur de temps : «  Courir sans se blesser » comme un slogan de campagne électorale… Ils feraient mieux de supprimer les fauteuils de mon salon ! 5 semaines et quelques séances de PPG plus tard… L’envie d’en découdre est maximale mais je sais qu’il va falloir repartir doucement. Je planifie avec Adrien une reprise progressive avec le 34 km de l’Alésia trail comme objectif. Tout ça est raisonnable et cohérent. Guillaume, mon fils, qui court régulièrement décide de m’accompagner sur ce projet.

sans-titreeeSamedi 25 Septembre 2016

Nous partons en début d’après-midi vers la Bourgogne. Guillaume, bien sûr, et Guy Arzelier dont c’est le baptême trail. Nous retrouvons Matthieu Lettry sur place qui s’aligne sur le 51 km. La soirée est consacrée au retrait des dossards, installation de la tente (pour Guillaume et moi) et au dîner traditionnel pré-course où s’échangent, que croyez-vous ?… nos stratégies, doutes, choix de matériel et autres…

Photo : devant la star locale, Vercingétorix

 

 

 

Dimanche 26 Septembre 2016

Comme prévu Guy vient nous chercher au camping et nous partons vers le départ. Le parking est le champ agricole local. Pas de barrière et d’Euros à sortir comme au parc de Saint-Cloud ! Nous avons le temps de faire un court échauffement avec gammes associées. Matthieu est déjà parti. Guillaume et moi partons 15 minutes plus tard et Guy, sur le 25 km , 15 minutes après nous. Comme d’habitude le départ est rapide d’autant plus qu’il débute par un gros kilomètre de descente. Allez, « un peu d’excentrique pour se pêter les quadris » je dis à Guillaume ! Nous sommes situés autour de la 100ème place. Puis arrive une côte d’une borne à pourcentage sympathique. Des coureurs nous doublent en soufflant comme des buffles. Ce sont des hommes toujours montrant les gros bras à ce stade avant de s’écrouler plus tard… Le traileur inexpérimenté est comme ça. Il croît qu’il va renverser la montagne. La traileuse est comme ça. Elle passe derrière le traileur alors que la montagne n’est pas renversée ! Puis nous filons sur des chemins magnifiques, des terrains techniques à des allures contrôlées, en gardant un œil sur le cardio. C’est un vrai sujet de discussion entre nous deux. Km7 : je remplis mon bidon avec un sachet de poudre comme prévu et hop ! Au bout d’une heure, 4 avions de chasse nous doublent. Ce sont les premiers du 25 km ! Nous avons parcouru environ 10 km et le rythme de croisière est en marche. Une succession de terrains variés nous oblige à gérer au mieux nos allures. Une belle descente équipée d’une corde nous ralentit un peu et voilà le ravitaillement du 18km. Je retrouve Matthieu sur le 51 km. Il semble en pleine forme et gère au cardio ses allures. 78 % me répète-t-il dans une montée !

sans-titreeJe vois Guillaume s’éloigner progressivement devant moi. Je sais que son allure n’est plus la mienne et préfère sagement conserver ma stratégie. Je me dis alors que l’on se reverra à l’arrivée ! Le km 22 arrive très vite avec un ravito en eau. Je suis en compagnie de la 3ème féminine à 50 mètres de la seconde. Nous empruntons un solide raidillon sans possibilité de poser les talons… Ca grimpe fort ! Au sommet je décide de suivre la 3ème féminine qui est désormais seconde. Je sens que son allure est très très légèrement supérieure à la mienne. Je rentre dans le rang en respectant la mienne !

Finalement elle gagnera la course. Je continue sans fléchir sur de beaux sentiers récupérant quelques traileurs présomptueux. Puis devant moi je reconnais le maillot orange Xrun. Je rattrape Guillaume et je sens bien que quelque chose ne tourne pas rond. Arrivé à sa hauteur, il me dit avoir mal à un genou. Je lui propose d’abandonner au ravito suivant situé à 2 km ou bien d’alterner marche et course. Je continue mon chemin jusqu’au ravitaillement du 29ème km. Je me sens bien, dépose quelques coureurs et repars sous la chaleur dans un faux plat montant. Je ressens de la difficulté pour la première fois et m’accroche en travaillant mon mental. L’arrivée est à moins de 5 km. 2 coureurs me doublent sans pouvoir les accrocher… tant pis… Arrivé sur une partie plate puis descendante, je retrouve des sensations et double des traileurs de plus en plus nombreux qui sont inscrits sur les 4 courses. Une dernière montée sèche de 2 km pour finir en courant, je suis le seul et me dit que l’entraînement ne remplace rien !

sans-titreJ’arrive, très heureux, en 3h35min et 36s, classé 55ème et 9ème V2. Une course bien maîtrisée, avec une bonne stratégie et aussi pas mal d’expérience. La saison se termine doucement et 2017 s’annonce avec de beaux projets ! A l’arrivée j’attends Guillaume, qui n’a pas abandonné. Il arrivera en 3h52 min et 41s très déçu car il a de bonnes capacités… c’est sûr ! Mais être finisher d’un 34 km est une belle performance à 23 ans. Nous retrouvons Guy pour un repas local fort sympathique dans une ambiance de village.

Courir ces « petits » trails me donnent beaucoup de plaisir et envie en 2017 de revenir vers la montagne.

Pour finir, chaque course apporte son lot d’émotions et courir avec son fils cette course pour la première fois restera comme un de mes meilleurs souvenirs !