Il s’agit de ma deuxième participation à Alésia Trail. J’avais fait le 25km l’année dernière et il s’agit de mon meilleur souvenir de trail pour plusieurs raisons. Ce n’était que ma deuxième course, la première depuis mon inscription chez Xrun deux mois plus tôt, et le travail avait déjà commencé à payer puisque j’avais dépassé mes objectifs et que j’avais bien fini physiquement. En plus, j’avais adoré le cadre, notamment le site de départ/arrivé perché sur une colline (l’oppidum), et l’organisation, conviviale mais efficace. Cerise sur le gâteau, la météo avait été parfaite. Mais revenons à cette édition 2015, avec le parcours de 34km/1200D+.

Après un été au cours duquel j’ai pu bien suivre mes plans et faire de bonnes séances, ma périostite est de retour depuis quelques semaines. Je sens d’ailleurs quelques petites douleurs pendant l’échauffement. J’espère que cela ne gênera pas pendant la course. Malgré cela et une nuit perturbée par des voisins peu discrets lors de leur retour à l’hôtel, je me sens plutôt bien et envisage de boucler les 34km en environ 4h.

Le départ est donné à 9h. Quelques coureurs sont déguisés en Gaulois et en Romains. Ils sont bien courageux de faire la course avec de telles tenues ! Pour ma part, je porte mon t-shirt Xrun, en espérant lui faire honneur ! Les premiers kilomètres se passent bien, je retrouve avec plaisir des paysages familiers, ça ne bouchonne pas vraiment dans les montées et le peloton s’étire assez vite, ce qui permet d’avancer à son rythme. En parlant de rythme, les premiers du 25km nous rattrapent vers le sixième kilomètre alors qu’ils sont partis 15 minutes plus tard !

Un kilomètre plus tard, c’est déjà le premier ravito. J’avais travaillé ce point de mon côté pour m’habituer à sortir ma poche à eau à l’avance de manière à optimiser le temps de ravitaillement. Entraînement payant puisque dès mon arrivée au ravitaillement, je tends ma poche à un bénévole qui me la remplit. J’aspire l’air, je grignote un peu et c’est parti pour la traversée de Flavigny-sur-Ozerain, célèbre pour ses bonbons à l’anis. Petite descente technique à la sortie du village avant d’enchaîner sur la plus longue montée de la course au sommet de laquelle se trouve la bifurcation entre les parcours 25 et 34km.

La course change alors en devenant un peu plus sauvage, toute proportions gardées (on n’est pas en pleine montagne), avec quelques chemins forestiers un peu moins bien tracés. A la sortie d’un bois, nous traversons un champ au milieu des hautes herbes où il n’y a pas d’autre trace que celle faite par les traileurs. C’est alors que j’aperçois François d’Haène ! Ce n’est évidemment pas lui, juste un mec qui a la même tenue. Apparemment, ça ne lui suffira pas à faire une perf car dans la montée qui suit, aussi courte que raide, il semble vraiment avoir du mal. S’ensuit le deuxième passage technique du jour, une descente avec une corde pour s’assurer, avant d’arriver au second ravitaillement. J’ai du mal à croire que plus d’une heure s’est écoulée depuis le précédent. Le temps est passé très vite, c’est plutôt bon signe !

Je cours seul depuis quelques temps quand arrive le troisième ravito, uniquement liquide, seulement quatre kilomètre après le précédent. Nouvelle descente un peu sauvage suivie d’une grosse montée très raide avec une corde. Celle-là, je l’avais totalement oubliée malgré une lecture attentive du descriptif du parcours ! Mon adducteur droit se rappelle alors à mon bon souvenir, comme ce fut le cas à Monteynard, avec un petit début de crampe. Je parviens à gérer jusqu’au sommet de la côte mais je connais alors un petit passage à vide, me disant que je vais encore avoir des crampes et que ce n’est encore pas cette fois-ci que je vais pouvoir faire une course pleine.

Sur la partie roulante je double un coureur qui semble mal en point. Il m’assure qu’il va bien mais son regard me dit le contraire. Il a vraiment l’air marqué par l’effort. Je poursuis malgré tout ma route, me disant qu’il y a pire que moi et que mes petites douleurs ne sont pas grand-chose. Le moral revient encore plus en apercevant, puis en doublant un coureur en bas d’une longue descente. Même si ça tire dans les adducteurs, je n’ai pas de crampes, j’arrive à courir et même à doubler !

Je suis désormais de retour sur le tracé commun. Les jambes commencent à être lourdes et le dernier ravito, dans un domaine viticole au kilomètre 29, se fait désirer. Les derniers kilomètres sont durs, puis très durs, j’ai l’impression de faire beaucoup d’efforts et de ne pas avancer, ma dérive cardiaque doit être énorme. Je double quand même d’autres coureurs, certains s’étirent, d’autres marchent. Sachant ce qu’ils traversent, je leur glisse quelques mots d’encouragement. C’est enfin la dernière côte. Après un tour d’oppidum à la sortie du bois, je franchis la ligne d’arrivée en 4h05.

Au final, le bilan est vraiment positif car malgré quelques alertes, je n’ai pas eu de crampes, ce qui est une grande première pour moi ! Le travail commence à vraiment payer, ça fait plaisir. Et ma périostite m’a laissé tranquille. J’ai réussi à bien gérer ma course sous tous ses aspects : allure, alimentation, hydratation. Bref, l’édition 2015 remplace la 2014 en tant que meilleur souvenir de course ! Il temps de profiter du soleil qui a fait son apparition en se posant dans une chaise longue avec une barquette de saucisses/frites, une bière et une gaufre en regardant les podiums des différentes courses. Vivement le 51km en 2016 !